Possible "fusion" des aéroports de Charleroi et Liège

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Carlo Di Antonio, le ministre wallon en charge des aéroports, souhaite mettre en place une structure de gestion unique pour les deux aéroports wallons. Les réactions fusent de l'opposition et des actionnaires.

Les aéroports de Charleroi et de Liège sont indépendants l'un par rapport à l'autre. Pourtant vu leur taille, des synergies devraient être envisageables. C'est en tout cas ce que prône le ministre wallon en charge des aéroports, Carlo Di Antonio. Il a confirmé vendredi dans L'Avenir sa préférence pour une structure de gestion unique pour les deux aéroports

Carlo Di Antonio, ministre wallon en charge des aéroports ©BELGA

"Il ne faut pas se précipiter, mais une structure unique de gestion serait préférable. Je sais que les actionnariats sont différents mais je pense à une refonte totale". Le ministre cdH envisage à cet égard un seul actionnaire public et attend de connaître la position de Nethys, majoritaire à Liège via TEB Participations. Il veut que les deux aéroports travaillent ensemble. "Je n'ai pas envie d'une guerre entre ces deux structures dans lesquelles la Région wallonne a tout de même investi un fameux paquet d'argent", déclare M. Di Antonio.

Laurent Levêque, le président du conseil d'administration de l'aéroport de Charleroi, ne s'oppose pas à la proposition de Carlo Di Antonio. Il plaide pour "une politique cohérente et constructive, qui soit profitable aux deux aéroports wallons". Quant à la forme: "Il appartient aux actionnaires d'en décider."

"Cela fait des mois que l'on discute avec Carlo Di Antonio et ce rapprochement n'a jamais été évoqué."
Julien Compère
Président de TEB Participations

"Je suis très surpris de l'interview du ministre", a commenté Julien Compère, président de TEB Participations. "Cela fait des mois que l'on discute avec lui, nous avons encore eu une réunion avant les vacances de Pâques, et ce rapprochement n'a jamais été évoqué. Il n'y a jamais eu de concertation préalable". Julien Compère ajoute qu'il a "pris acte", que la diminution des coûts "reste à démontrer" et "qu'à première vue", il n'en voit "pas l'utilité". Liège Airport et Luc Partoune n'ont pas souhaité réagir. 

A la mi-avril, M. Di Antonio avait déjà dit dans Le Soir ne pas être opposé à l'idée d'une seule société de gestion pour l'ensemble. La Déclaration de politique régionale (DPR) prévoit déjà d'encourager la coordination, notamment via la SOWAER, entre les aéroports de Liège et Charleroi et d'intégrer au sein de la SOWAER les participations de la SOGEPA dans le capital des sociétés de gestion, afin d'accroître la cohérence des activités aéroportuaires.

Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR au Parlement wallon ©BELGA

D'après Pierre-Yves Jeholet, chef de groupe MR au parlement wallon, cette annonce est peu rassurante pour les actionnaires. "Le contrat de gestion de la SOWAER est fini depuis 2011 mais l'on ne voit toujours rien. Le ministre s'en prend aux dirigeants actuels, il dénonce un 'vrai bazar' parmi les actionnaires publics, c'est une remise en cause frontale de la politique de son prédécesseur (André Antoine, NDLR)." Le manque de précision dans la DRP n'est pas de nature à rassurer le milieu aéroportuaire, ajoute-t-il. Le chef de file d'opposition rappelle qu'à Liège, la convention avec l'actionnaire privé Aéroports de Paris a pris fin.

Avec son projet, Carlo Di Antonio espère réduire à 8 millions la redevance de l'aéroport de Charleroi (BSCA). Un litige oppose actuellement BSCA à l'Europe concernant les 15 millions de redevance annuelle (au lieu de 3,5 millions) que l'aéroport devrait payer pour bénéficier de l'argent public investi, Carlo Di Antonio espère pouvoir transiger sur un montant de 8 à 9 millions et ainsi éviter un procès.

Le ministre demande également au président de l'aéroport de Liège José Happart et au directeur général Luc Partoune, inculpés en justice, de "faire un pas de côté".

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