Pour la CSC, "la Wallonie retombe dans ses travers"

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Tout en plaidant pour un nouveau plan Marshall et une nouvelle fiscalité, la CSC demande au gouvernement wallon d'activer la relance.

La CSC s'inquiète! Dans son viseur, le plan de relance de la Wallonie et la lenteur dont ferait preuve le gouvernement PS-MR-Ecolo pour le mettre en place. Marc Becker, le patron de la CSC wallonne , va jusqu’à évoquer un ratage. "Le gouvernement wallon a bien géré la crise et la période d’urgence mais pour ce qui est de la question du redéploiement et de la relance, il y a un vrai ratage à l’allumage. Il faudra attendre début 2021. Il y a pourtant urgence." Il va jusqu’à réclamer aujourd’hui le retour d’un plan Marshall !

"Le gouvernement wallon a bien géré la crise et la période d’urgence mais pour ce qui est de la question du redéploiement et de la relance, il y a un vrai ratage à l’allumage."
Marc Becker
Patron de la CSC wallonne

Un mal wallon

D’abord la situation. Sans remettre en cause les lignes directrices proposées par le ministre-président Elio Di Rupo (PS) dans le cadre du projet de plan de relance Get Up Wallonia!, le patron de la CSC se montre interpellé par la méthode utilisée par l’exécutif pour lancer son projet. "Nous avons aujourd’hui une opportunité de réécrire une déclaration de politique régionale avec les personnes qui ont l’expertise. Je pense au Forem, aux outils économiques comme la SRIW ou la Sowalfin, au Cese. Mais que fait le gouvernement ? Au lieu de mettre tous ces acteurs autour de la table, Elio Di Rupo lance un marché public pour désigner un consultant externe afin d’analyser les forces et les faiblesses de la Wallonie. Avons-nous vraiment besoin d’un consultant pour réaliser un tel travail alors que la Wallonie possède toute l’expertise nécessaire ? Pourquoi autant de déperdition de moyens, de temps et d’énergie ? "

"Avons-nous vraiment besoin d’un consultant pour réaliser un tel travail alors que la Wallonie possède toute l’expertise nécessaire ? Pourquoi autant de déperdition de moyens, de temps et d’énergie ?"
Marc Becker
Patron de la CSC wallonne

Pour la CSC, la méthode employée par le gouvernement PS-MR- Ecolo serait donc un mauvais signal. "La Wallonie retombe dans ses travers. Elle crée des task forces dont on ne sait qui en fait partie. Elle sous-traite à des consultants,… " Marc Becker va jusqu’à y voir une maladie wallonne. "Le gouvernement wallon a demandé à l’Aviq de lancer un marché public visant à préparer la Wallonie à faire face à une éventuelle deuxième vague de Covid-19. L’Aviq a pourtant toute l’expertise."

Le retour de Marshall

Enfin, la CSC se montre interpellée par le fait que son organisation syndicale n’ait plus été consultée par le gouvernement wallon depuis début mars, alors que l’UWE est régulièrement écoutée par une série de ministres. Le syndicat entend donc aujourd’hui remuer les couloirs de l’Elysette en livrant une série de mesures de relance. "La crise a mis en évidence une série de problèmes comme les inégalités, la mise sur le côté des jeunes ou le modèle défaillant des soins de santé. Il faut repenser le modèle et nous avons une chance de le faire mais on ne peut pas attendre indéfiniment. Il faut une sorte de nouveau plan Marshall qui implique les interlocuteurs sociaux dans le pilotage", explique Marc Becker.

"Il faut une sorte de nouveau plan Marshall qui implique les interlocuteurs sociaux dans le pilotage."
Marc Becker
Patron de la CSC wallonne

Un milliard d’effets d’aubaine

Les propositions de la CSC touchent l’ensemble des politiques gérées par la Région, de l’emploi à la formation en passant par la transition écologique et les secteurs de la santé. Le catalogue est détaillé.  La CSC demande par exemple à la Région de lancer sans attendre une alliance emploi-environnement comme le propose la DPR wallonne. "Pourquoi attendre le rapport d’un consultant dans 6 mois pour avancer ? Cette alliance créera de l’emploi, elle va diminuer la précarité énergétique et booster le secteur de la construction. Ce sont en outre des activités indélocalisables", martèle Marc Becker, qui estime qu’il est du rôle des pouvoirs publics d’encourager la demande dans le cadre d’une relance.

"Il faut en finir avec les effets d’aubaine aux entreprises. On peut trouver un milliard en remettant à plat les aides aux entreprises et à l’emploi."
Marc Becker
Patron de la CSC wallonne

Pour financer les différents chantiers de la relance, la CSC lance des pistes. "Il faut en finir avec les effets d’aubaine aux entreprises. On peut trouver un milliard en remettant à plat les aides aux entreprises et à l’emploi (Sesam par exemple). Ce sont des aides créées dans les années 60 pour attirer les multinationales dans les zonings. Cela n’a plus rien à voir avec la réalité. Est-ce intelligent de continuer à donner de l’argent comme cela alors que les moyens budgétaires sont limités?"

La CSC demande aussi au gouvernement d’abandonner certaines de ses promesses électorales comme la réduction forfaitaire de 100 euros du précompte immobilier – "une mesure que personne ne demandait et qui va coûter 100 millions"–, et la compensation du tarif prosumer (qui coûtera 242 millions). Un autre levier pointé par la CSC est la fiscalité sur les revenus et les patrimoines les plus élevés en jouant sur les additionnels à l’IPP, les droits d’enregistrement et de succession ou une hausse du précompte immobilier sur les immeubles mis en location.

Bref, la matière est là pour lancer le débat !

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