Quand Di Rupo tire à boulets rouges sur la FGTB

Les propos d'Elio Di Rupo ont été peu appréciés à la FGTB. ©BELGA

Elio Di Rupo déplore, dans une interview à De Morgen, l'infiltration du syndicat socialiste par le PTB. Le ministre-président wallon y compare le parti de gauche radicale à l'extrême droite.

C'est une longue interview qu'a livrée Elio Di Rupo au quotidien flamand De Morgen. L'ex-président du PS y livre notamment une critique musclée du PTB (son principal rival à gauche), mais plus surprenant il tacle également le syndicat socialiste, la FGTB. 

Que dit Elio Di Rupo? À la question du journaliste qui lui demande dans quel état sont les relations entre PS et FGTB, que l'on dit tendues, notamment parce qu'on évoque une infiltration croissante du syndicat par le PTB, Elio Di Rupo abonde en ce sens. "C'est vrai, et pas qu'un peu", dit-il. Et cela constitue à ses yeux "un énorme problème" pour le PS.

Tout comme l'extrême-droite, le PTB présente les choses de manière très simple. Mais on ne va nulle part avec des simplismes.
Elio Di Rupo

Car, ajoute Elio Di Rupo, le discours du PTB est comparable à celui de l'Union soviétique des années 50 et 60, "avec une économie dirigée par l'État et un Politburo qui décide de tout". "Tout comme l'extrême-droite, le PTB présente les choses de manière très simple. Mais on ne va nulle part avec des simplismes". "C'est l'un des grands défis de Paul Magnette (le nouveau président du PS) ces prochaines années: nous devons montrer clairement aux gens que le PS est le seul parti de gauche qui puisse améliorer leur vie de tous les jours, que le PS peut agir sur le monde complexe dans lequel nous vivons". C'est au syndicat d'agir "pour ne pas se radicaliser davantage", estime Elio Di Rupo.

La FGTB "extrêmement choquée"

Infiltrée par le PTB, la FGTB? On se rappellera que Thierry Bodson, le patron de la FGTB wallonne, avait plaidé à plusieurs reprises pour une alliance PS-PTB-Ecolo en Wallonie au sortir des urnes en mai dernier. Des élections qui avaient vu une forte percée du parti de gauche radicale, tandis que le PS reculait. Les discussions initiées dans la foulée du scrutin avec le PTB par les formateurs wallons Elio Di Rupo et Paul Magnette avaient rapidement capoté.

De tels propos sont inqualifiables. Nous recevons suffisamment d'attaques de la droite pour ne pas en recevoir de la gauche.
Nicolas Deprets
Porte-parole de la FGTB

Du côté du syndicat socialiste, la saillie d'Elio Di Rupo n'est pas passée inaperçue. Et elle été mal reçue. "Nos militants sont extrêmement choqués par les déclarations imprévues, déplacées et inappropriées de la part de l'ancien président du PS", a fait savoir le porte-parole de la FGTB Nicolas Deprets. "C'est un mauvais timing." La FGTB ne comprend pas l'intérêt de ces propos et rappelle que le syndicat est politiquement neutre. "De tels propos sont inqualifiables et nous recevons suffisamment d'attaques de la droite pour ne pas en recevoir de la gauche. On ne s'attendait pas à recevoir un tel coup", fustige encore le porte-parole. "On appelle M. Di Rupo à la retenue, à avoir un peu de mesure et à ne pas diviser la gauche."

 

"Un putsch qui a formidablement échoué"

Thierry Bodson, patron de la FGTB wallonne. ©Photo News

Dans cette interview, Elio Di Rupo qualifie de "putsch" les attaques portées fin 2017 par "ses camarades" Jean-Pascal Labille (patron de la mutualité Solidaris) et Thierry Bodson à son encontre, dans la foulée des scandales Publifin et Samusocial. "C'est formidable comme il a échoué!", avance l'ex-président du PS, qui affirme avoir toujours été soutenu par les militants.

Là encore, la FGTB n'a pas apprécié. "Il s'agit de l'attaque la plus virulente portée à l'encontre de M. Bodson", estime Nicolas Deprets, qui rappelle que Thierry Bodson a été élu par des milliers de membres et que "s'en prendre à lui, c'est s'attaquer à ces milliers de travailleurs qui ont donné mandat à M. Bodson"

Ironie (?) de l'agenda médiatique, Paul Magnette, successeur d'Elio Di Rupo, Jean-Pascal Labille et Robert Verteneuil (patron de la FGTB) donnaient ce vendredi matin dans Le Soir une interview vantant les vertus de l'action commune à l'occasion des 75 ans de la Sécurité sociale.

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