Quand Dragone offre un trip à Las Vegas à un administrateur de la SRIW

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Luc Joris devait statuer sur l’octroi d’un prêt wallon à la société de Dragone. Il a été en jet privé voir Céline Dion…

Le sprint final est là. L’enquête du juge d’instruction montois Alain Blondiaux et des policiers anti-corruption qui l’assistent sur l’artiste/entrepreneur louviérois arrive à son terme après plus de trois ans. Et Franco Dragone devrait être entendu une ultime fois par le juge et les enquêteurs dans les jours à venir. D’après nos informations, alors qu’il devait être auditionné jeudi et vendredi, Franco Dragone a fait savoir qu’il était malade. Michèle Hirsch, son avocate, n’a pas souhaité confirmer cette information, se contentant de préciser que son client sera bien entendu la semaine prochaine.

Il y a en fait plusieurs volets au dossier mammouth contre l’entrepreneur hennuyer: le premier volet concerne l’optimisation fiscale "agressive" pour laquelle Franco Dragone pourrait se voir inculpé de blanchiment et de fraude fiscale.

Luc Joris, un proche d’Elio Di Rupo, a été entendu par le juge.

Mais un autre volet concerne les détournements de subsides/prêts publics. Selon nos informations, obtenues à plusieurs sources, Franco Dragone est également inquiété pour avoir tenté de s’attirer les faveurs d’un agent public en vue d’obtenir de meilleures conditions à un prêt de la Région wallonne. Luc Joris, un ex-membre du conseil d’administration de la SRIW, le bailleur de fonds de la Région wallonne, s’est en effet vu offrir un voyage tous frais payés à Las Vegas, avec son épouse, dans un jet privé affrété par Franco Dragone, pour assister au spectacle de la chanteuse Céline Dion….

Bref, cette débauche de strass et de paillettes n’est pas très orthodoxe, estiment les enquêteurs, et a clairement été de nature à influencer les décisions d’octroi de fonds publics à M. Dragone.

Luc Joris a été entendu à ce sujet par les enquêteurs. Contactés vendredi soir, ses deux avocats, Carine Doutrelepont et André Risopoulos, n’ont voulu faire aucun commentaire sur l’affaire. Du côté de la SRIW, on s’est montré un peu plus loquace. Effectivement, le bras financier de la Région wallonne a octroyé en novembre 2011 un prêt de deux millions d’euros au groupe Dragone, un prêt étalé en plusieurs tranches entre 2011 et 2014. Mais on tient également à préciser qu’au moment du vote de l’octroi du prêt, Luc Joris, se déclarant trop proche de Franco Dragone, est sorti de la salle et n’a pas pris part au vote.

©rv

Pour rappel, Luc Joris, un proche du président du Parti socialiste Elio Di Rupo, avait dû abandonner, fin 2014, les différents mandats (SRIW, FN Herstal, SNCB, Sogepa) que le PS lui avait octroyés après qu’il eut révélé qu’il pratiquait lui-même de l’optimisation fiscale via une société-écran basée au Luxembourg.

Autre rappel utile, le groupe Dragone est un champion pour s’attirer les subsides publics wallons. Dès 2001, il a bénéficié de subventions publiques wallonnes (500.000 euros en 2001, 1,5 million d’euros en 2002, des aides à l’exportation et à l’internationalisation, ainsi que des prêts de la SRIW et de la fédération Wallonie-Bruxelles entre 2010 et 2014).

Le juge d’instruction cherche à savoir si le groupe Dragone s’est rendu coupable de fraude fiscale ou pratiquait l’optimisation fiscale, un procédé qui n’est pas pénalement répréhensible.

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