Qui est Valérie Glatigny, la surprise de Charles Michel?

©Parlement européen

Technicienne européenne, la libérale fera son entrée au sein de l'exécutif de la Fédération Wallonie-Bruxelles. De quoi en surprendre plus d'un, à commencer par ceux qui auraient pu vouloir la place...

Elle fait partie des grandes surprises. Et incarne l’un des derniers grands coups de Charles Michel, avant son départ à l’Europe en décembre. Valérie Glatigny devient, au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de Promotion sociale, de la Recherche scientifique, des Hôpitaux universitaires, de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de Justice, de la Promotion de Bruxelles, de la Jeunesse et du Sport.

Un portefeuille de choc pour un choix "surprenant", peste une personnalité libérale bruxelloise. Car, "c’est vrai que ces matières, elle ne les connaît pas toutes", nous confie un proche. "Mais elle sait rapidement se fondre dans un milieu. C’est une femme de l’ombre, une technicienne, dont les compétences sont reconnues. Et elle est très motivée. Elle se donne une grosse semaine pour potasser les dossiers et faire le cadastre de ses matières", ajoute-t-il.

"Elle est entrée dans le sérail politique par opportunité". De plus, "elle a démontré sur la liste européenne (où elle était première suppléante d’Olivier Chastel aux élections du 26 mai et a obtenu quelque 19.165 voix, NDLR) qu’elle savait mener campagne. Elle était de tous les débats. Elle est efficace et charmante", dit d’elle Alexia Bertrand, qui devient, dans la foulée, cheffe de groupe au parlement bruxellois.

Elle est entrée dans le serail politique par opportunité. C'est une femme de l'ombre, une technicienne
Un proche

Son efficacité, elle l'a bâtie auprès de Louis Michel, notamment lorsqu'il était commissaire chargé du Développement et de l'Aide humanitaire dans la Commission Barroso, en 2004. Par la suite, elle a aussi travaillé en tant que collaboratrice pour l’ex-présentatrice du JT de RTL-TVI, désormais députée européenne, Frédérique Ries, ainsi qu’en tant que conseillère auprès du président du Parlement européen Antonio Tajani (PPE) et au sein du comité sur les libertés civiles du Parlement. Depuis avant-hier, elle venait de rejoindre le nouveau Président du Parlement européen, le PSE David Sassoli, pour l’épauler dans sa tâche. La voici désormais propulsée à un tout autre niveau de pouvoir.

Schepmans, Bertrand et Delwart éclipsées

Pour autant, son choix a de quoi faire grincer des dents dans le chef de certains libéraux. En effet, habitant Woluwe-Saint-Pierre, l’intéressée prend une place que l’on avait pourtant crue réservée à des profils plus connus à Bruxelles, comme ceux de Françoise Schepmans - qui aurait crispé une partie des libéraux lors de la dernière campagne, entend-on, et hérite de la casquette de cheffe de groupe du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles - ou encore d’Alexia Bertrand. On pense aussi à Valentine Delwart, échevine des Finances à Uccle, dont le nom circulait parmi les ministrables - on lui aurait proposé le poste, qu'elle aurait refusé, circule-t-il.

Derrière son air souriant, c'est quelqu'un qui a du caractère
Gérard Deprez
Député européen

Interrogée, Alexia Bertrand, coupe court: "nous sommes face à un enjeu de taille: faire revenir le MR dans la majorité au prochain tour et incarner une opposition ferme et constructive à Bruxelles. Il s’agit de montrer que le parti a des solutions pour la ville, pour tous ses habitants et tous ses quartiers. Le défi est énorme et nécessite de rassembler l’équipe dans la même direction. Je me sens prête à mener cette mission et m’y retrouve parfaitement". Bref, pas de mécontentement dans son chef.

Valérie Glatigny est "une femme extraordinaire. Compétente, rassembleuse et travailleuse. La bonne personne au bon endroit. C'est une excellente surprise du chef", évoque encore la cheffe de groupe au Parlement bruxellois. "C’est une femme de talent et de conviction", abonde Valentine Delwart.

Marquer le coup à Bruxelles

Quant aux possibles amertumes, "c’est le jeu", commente un proche. "Et puis, cela ne dure que quelques semaines. Il appartient par après au ministre de démontrer qu’il est capable de gérer ses dossiers et de fédérer". D’autant qu’ici, il convient de voir une décision venue de tout en haut: "c'est la volonté de Charles Michel de marquer le coup à Bruxelles, où y a énormément de ténors et de personnalités politiques. Il faut pouvoir assumer le départ de Reynders. Charles Michel a voulu lancer une nouvelle génération, féminine".

Citadine affirmée et européenne convaincue, la future ministre s’était quelque peu préparée en coulisse à la tâche qui l’attend. Le 21 mai dernier déjà, elle était en effet aperçue au débat de la Fédération wallonne de l’Agriculture sur les enjeux européens des élections du 26 mai. "J’y ai défendu le modèle agricole familial de la Wallonie et une politique agricole commune qui offre une perspective d’avenir à nos agriculteurs inquiets", disait-elle.

Racines ardennaises

Charles a été surpris de ses qualités lors des différents débats auxquels elle a participé, c'est tout. C'est quelqu'un de très rigoureux, qui sait de quoi il parle.
Louis Michel

Un thème qui lui tient à cœur. Et pour cause, ses racines sont à Marche-en-Famenne. "Toute sa famille est là-bas". Elle-même en est d’ailleurs originaire. Résultat, "on a très vite eu une connexion", raconte le député européen Gérard Deprez, né à Bastogne. Il dit avoir "eu l'occasion d'apprécier ses capacités intellectuelles et humaines. Mais attention, derrière son air souriant, c'est quelqu'un qui a du caractère".

Un avis que partage Louis Michel. "Elle est brillante". Sa rencontre avec la future ministre? En Ardennes, après une conférence. Elle l'interviewait pour un journal local sur son livre, "Horizons, l'axe du bien". Un moment décisif, puisqu'elle décide, par après, de lui adresser une longue lettre afin de lui demander à travailler pour lui. Ce qu'il accepte. De là à la propulser aujourd'hui dans l'arène? "Tout le monde va croire que j'ai joué un rôle, mais je n'y suis pour rien dans sa désignation", précise Louis Michel. "Charles a été surpris de ses qualités lors des différents débats auxquels elle a participé, c'est tout. C'est quelqu'un de très rigoureux, qui sait de quoi il parle".


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