Qui sont les ministrables en Wallonie?

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Maintenant qu'un accord a été trouvé, reste la question de la répartition des compétences et de l’attribution des différents portefeuilles ministériels en Région wallonne et en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).

Quel sera le casting du gouvernement wallon et de celui de la FWB? Même si "on n’en est pas encore là", tempérait Elio Di Rupo lundi, préférant souligner pour sa part les lignes directrices de l’accord noué – l’annonce du casting définitif est prévue pour vendredi matin. Et pour cause, le nombre total de ministres du futur exécutif "n’a pas encore été totalement défini. La Région en a connu neuf, mais aussi huit. Nous n’en avons pas du tout discuté à ce stade."

Des ministres-présidents socialistes

Pour autant, son parti fournira les deux ministres-présidents, à la Région et en Fédération, de par son poids de 23 sièges contre 20 pour les libéraux, a tout de même concédé l’actuel président du PS et négociateur de la plus importante famille politique du sud du pays.

À ce sujet, plusieurs ont d’ailleurs retenu un sentiment particulier de sa prise de parole: Elio Di Rupo avait tout l’air de se positionner en ministre-présidentiable wallon – costume qu’il ne pourrait endosser que de manière temporaire, avant de faire un pas de côté au profit de quelqu’un d’autre, entend-on – avec un discours égrené de nombreux moments d’ouverture sur des points importants aux yeux de ses partenaires que sont Écolo et le MR.

Côté Fédération, certains avaient un temps évoqué Willy Borsus comme possible ministre-président. Il n’en serait rien in fine, nous dit-on. Déception pour l’intéressé? D’autres pistes se dégageraient.

Les autres ministrables

S’il ne faisait pas le choix de la présidence de parti, bientôt laissée vacante suite au départ de Charles Michel à l’Europe, Willy Borsus pourrait décider d’embarquer dans le nouvel attelage wallon aux côtés de Valérie De Bue, Pierre-Yves Jeholet ou Jean-Luc Crucke, dont les noms circulent. À moins que ce dernier, parfait bilingue, ne se réserve pour le Fédéral, signalant une stratégie différente de celle des nationalistes flamands qui semblent avoir réservé un destin régional à leurs poids lourds fédéralisables. Une hypothèse tout au plus, au vu de la position régionaliste marquée du Hennuyer et de sa proximité avec les verts qu’il pourrait mettre à profit ici en Wallonie. Un consensus serait toujours recherché au sein du parti sur qui placer où, nous disait-on encore en soirée lundi.

Chez les socialistes, les noms de la Liégeoise (permettant de satisfaire un nécessaire équilibre régional) Christie Morreale et du Rochefortois Pierre-Yves Dermagne circulaient parmi les ministres potentiels. La première, criminologue de formation, dispose de dix ans d’expérience dans différents cabinets; le second a été ministre des Pouvoirs locaux – pendant six mois, certes – suite à la démission de Paul Furlan (deuxième plus gros score individuel en Wallonie le 26 mai dernier) dans le cadre de l’affaire Publifin.

Rien n’a par contre filtré quant au sort de Jean-Claude Marcourt, Rudi Demotte, ou encore André Flahaut que certains verraient prendre la porte. Pour Paul Magnette, la situation diffère. L’homme a en effet évoqué par le passé déjà sa volonté de se dédier à sa ville Charleroi. Or, la fonction de bourgmestre est incompatible avec un poste de ministre. Il serait donc hors-jeu a priori.

Du côté d'Écolo

Restent alors les Écolos. Requis à la coprésidence de son parti, Jean-Marc Nollet a fait savoir ce mardi sur LN24 qu'il ne serait pas ministre. Qui alors? On pense logiquement au négociateur (salué par beaucoup) Stéphane Hazée, connu aussi pour son rôle important dans la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Publifin. Certains évoquent également la députée wallonne Bénédicte Linard qui occupe la fonction de chef de groupe ad interim d’Écolo au Parlement de la Fédération.

Bref, autant dire que les équilibres sont complexes. Surtout si l’on s’en réfère à la volonté d’Écolo de double casquettes entre Région et Fédération – qui pourrait être mise de côté par les autres partenaires pour permettre de caser plus de monde. Il conviendra aussi de répondre aux exigences du décret spécial, avalisé lors de la précédente législature, imposant un tiers de femmes dans le futur exécutif wallon.

Les réactions

Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’UWE: "L’accord est équilibré entre social, environnement et économie. Des avancées semblent avoir été réalisées sur ce dernier point. Pour autant, il faudra désormais matérialiser la volonté, notamment en matière de moyens."

François Desquesnes, chef de groupe cdH au Parlement wallon: "Au cdH, on n’est pas là pour être dans une opposition qui veut tout noircir. Quand les propositions seront bonnes, on les accompagnera avec une force constructive; quand elles ne seront pas à la hauteur, nous le soulignerons."

Germain Mugemangango, secrétaire politique du PTB au Parlement wallon: "On veut se donner le temps d’étudier sérieusement le texte. Nous avons notre vision sur l’urgence sociale et l’environnement."

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