Resa n'exclut pas un revirement du parlement wallon

Une assemblée générale de Resa est convoquée ce jeudi, à Liège. Elle devait normalement désigner de nouveaux administrateurs. ©Anthony Dehez

Le gestionnaire de réseaux d’énergie liégeois devait remplacer son conseil d’administration jeudi. Mais il va sans doute attendre que le Parlement wallon confirme qu’il doit quitter le giron de Nethys.

Une assemblée générale de Resa est convoquée ce jeudi, à Liège. Elle devait normalement désigner de nouveaux administrateurs. Mais aucune liste de noms n’a encore été élaborée, et il y a de fortes chances que l’assemblée générale soit postposée, ou qu’elle décide de prolonger temporairement le conseil d’administration existant, apprend L’Echo. La composition de ce conseil d’administration suscite pourtant les foudres du régulateur wallon du secteur de l’énergie, qui observe qu’aucun administrateur ne respecte les critères nécessaires pour être considéré comme indépendant. "Cette prolongation temporaire est le scénario le plus sage, puisqu’au niveau de Resa, on se pose une série de questions existentielles", plaide un proche du dossier.

"Impossible de faire comme si ce combat contre la scission n’allait pas avoir lieu au parlement."

Il y a d’abord le nouveau décret sur la gouvernance des structures publiques locales, vis-à-vis duquel certains espèrent encore obtenir certaines possibilités de déroger. Il y a, surtout, le projet de décret GRD (gestionnaire de réseau de distribution) préparé par le ministre wallon de l’énergie Jean-Luc Crucke, et qui impose à Resa de sortir du giron de Nethys pour se placer directement sous la coupole de Publifin et des actionnaires publics. Un texte qui traduit une des principales recommandations de la commission d’enquête parlementaire Publifin et qui arrive jeudi en commission au parlement wallon.

"À Liège, beaucoup se sont ressaisis et n’acceptent plus le démantèlement du groupe", résume un interlocuteur. C’est très clair du côté des socialistes liégeois, qui s’opposent désormais non seulement au scénario d’une fusion avec Ores, le plus gros GRD en Wallonie, mais aussi à l’obligation de séparer Resa de Nethys. Et il n’est pas exclu que certains parlementaires MR liégeois se rebellent également au moment du vote en séance plénière, obligeant Jean-Luc Crucke à trouver une majorité alternative pour faire passer son texte.

"Impossible de faire comme si ce combat contre la scission n’allait pas avoir lieu. Nous allons attendre le résultat du vote et alors seulement nous l’appliquerons", entend-on du côté de Resa.

On sait que séparer Resa de Nethys va être compliqué, puisque le GRD n’a pas un seul employé sur son payroll – pas même un directeur technique. Les finances, les achats, la plateforme informatique ou la gestion des demandes de raccordement étaient jusqu’ici assurés par du personnel de Nethys, ou éventuellement celui de Publifin. "Séparer les deux va créer des ‘disynergies’ estimées entre 3 et 9 millions d’euros par an pour Resa", affirme un connaisseur du dossier. Et pour Nethys, la séparation va être plus douloureuse encore.

D’où l’espoir, dans les rangs des Liégeois, d’y échapper. Et à défaut, l’idée de laisser aux commandes ceux qui connaissent déjà le dossier, même si cela peut ralentir la restructuration du groupe. "Il faut que Stéphane Moreau et Pol Heyse continuent à gérer le dossier, à charge pour eux de venir avec une, deux ou trois solutions", plaide un administrateur de Publifin.

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