Sabena Aerospace investit 1 million d'euros dans un centre de maintenance à Gosselies

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Un million d'euros sera investi dans la station de maintenance de Sabena Aerospace à l'aéroport de Charleroi. Le but: renforcer le service offert aux compagnies aériennes, présentes à Gosselies, en particulier Air Belgium. D'ici 2023, l'entreprise prévoit d'engager jusqu'à 70 nouveaux collaborateurs.

Sabena Aerospace et Charleroi Airport ont présenté ce mercredi le nouveau centre de maintenance "en ligne" qui se chargera, dans un premier temps, des entretiens des long-courriers A340 d’Air Belgium qui opèrent depuis leur base carolorégienne. Un démarrage qui incite à l’optimisme puisqu’il y a deux jours encore un quadriréacteur est parti plein avec ses 250 passagers.

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Partenaire à hauteur de 5% d’Air Belgium, SN Aero a obtenu la "line maintenance", c’est-à-dire l’entretien des avions avant chaque vol. Mais l’entreprise est aussi un prestataire de services "MRO" (Maintenance, Repair, Overhaul), c’est-à-dire un spécialiste des "checks" plus poussés, allant jusqu’au "déshabillage" des avions. Mais on n’en est pas encore là, parce que, pour cette activité, il faut des hangars.

"Il y a encore de la place", a précisé Jean-Jacques Cloquet, CEO de Brussels-South Charleroi Airport. Pour débuter cette activité MRO à Charleroi (après Bruxelles et Anvers et bientôt Liège, le contrat ayant été signé le 9 juillet dernier par le ministre des Transports Jean-Louis Crucke), Sabena Aerospace a investi 1 million d’euros pour les nouvelles installations de 200 m² (zone de stockage, mais aussi salles de repos et de douches, le centre étant opérationnel 24 heures sur 24), les équipements industriels et la formation de son personnel: 14 personnes aujourd’hui, 20 à la fin de l’année quand la flotte Air Belgium comptera quatre Airbus A340 (trois aujourd’hui).

Le fait que nous puissions être la solution de maintenance pour les premiers vols long-courriers sur cet aéroport n'est que le début d'une longue histoire. Nous avons de nombreux projets en étroite collaboration avec l'aéroport de Charleroi et les acteurs aéronautiques de la région afin de développer ensemble de nouvelles activités dans ce secteur au cœur de notre plan d’affaires.
Stéphane Burton
CEO de Sabena Aerospace

Les pièces de rechanges ne sont pas incluses dans cet investissement, Air Belgium ayant signé un contrat particulier avec Lufthansa Technik. Sabena se charge de remplacer les pièces défectueuses et de les envoyer à Francfort pour réparation. Mais il y a du lourd à Gosselies, y compris des pompes ou des roues avec systèmes de freinage carbone. Pas question d’immobiliser les avions.

Pour les low cost aussi

SN Aero a déjà anticipé. Son centre de Charleroi est déjà en mesure de répondre à des demandes d’utilisateurs de Boeing 737 (toutes générations confondues) ou de monocouloirs Airbus de la famille A320. Soit la totalité des flottes des low cost à Charleroi, de Wizzair ou Ryanair (TUI a sa propre mini-base de Tech4Jet).

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L'éroport de Charleroi compte sept compagnies aériennes partenaires, à savoir Ryanair, Wizz Air, Pegasus Airlines, TUI fly, Air Corsica, Belavia et Air Belgium.

Mais, assure Stéphane Burton, "nous ne travaillerons pas pour des low cost à perte". Il semblerait, en effet, que Lufthansa Technik ne s’y retrouve pas totalement dans son contrat signé avec Ryanair. Sabena Aerospace continue de se développer à cadence soutenue: contrat en 2017 pour la maintenance lourde des C-130 de l’Otan; nouveaux clients (dont Air France, FlyDubaï…) pour l’entretien en ligne à Kinshasa et Brazzaville ou pour VLM à Anvers et, cette année, ouverture d’une nouvelle station à Nouakchott (Mauritanie) et lancement (qui n’a pas plu à tout le monde) de la joint-venture "Ignition!" avec la Sonaca pour du support opérationnel des avions militaires.

Projets en pagaille

Bien que, comme à son habitude, Stéphane Burton soit peu disert lorsqu’il s’agit de révéler ses intentions, nous avons quand même appris hier que SN Aero compte intensifier ses partenariats avec plusieurs acteurs autour de l’aéroport de Charleroi, tel le WAN en charge de la formation aéronautique théorique en Wallonie et à qui Sabena propose la formation sur site à Charleroi, comme c’est déjà le cas à Bruxelles (et qui est du reste aussi sa marque de fabrique dans les pays africains).

La société a aussi un projet de développement avec la Sonaca toujours et avec Stemme, société de fabrication de planeurs motorisés (juste pour l’envol) ou pour l’établissement d’une filiale (Sabena Aerospace Technologies) qui vise à participer à des initiatives en matière de recherche et développement, avec l’ambition d’employer de 50 à 70 personnes à Charleroi d’ici cinq ans.

Enfin, le projet sans doute le plus ambitieux est celui de créer une unité de démembrement d’avions destinés à la casse. Cette activité qui vise à recycler des pièces d’avions qui ne trouvent plus de place sur le marché de l’occasion est assez juteuse car l’offre ne manque pas, essentiellement pour des raisons écologiques.

Tout récemment, un Airbus A380 de Singapore Airlines a été envoyé pour déconstruction à Tarbes et 90% des équipements trouveront acquéreurs de pièces de rechanges à bon prix. Plusieurs acteurs du secteur ont déjà montré leur intérêt en Belgique. Petit problème, pour cette activité, il faut aussi de la place et du tarmac. A Charleroi, ça va devenir difficile; à Liège, sans doute beaucoup moins. On verra.

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