Un ajustement vérité nécessaire pour les finances wallonnes

©BELGA

Avant d’imaginer financer de nouvelles politiques en Wallonie, les négociateurs politiques vont devoir procéder à un état des lieux des finances publiques.

En Wallonie, l’heure est à l’attentisme. La situation politique qui a plombé la fin de la législature, avec la perte de majorité pour le gouvernement MR-cdH et la campagne électorale, laissent planer une certaine inconnue sur les marges budgétaires disponibles pour le prochain exécutif.

C’est bien simple, sans la réalisation d’un ajustement budgétaire, qui aurait en principe dû se tenir avant les élections, il est impossible d’avoir une photographie récente de la situation des finances publiques pour l’année 2019, ni même de savoir si le retour à l’équilibre est toujours possible en fin d’année.

Bref, avant de travailler sur de nouvelles politiques, les négociateurs devront réaliser un état des lieux des finances wallonnes. Mais, l’ajustement 2019 n’est évidemment pas le seul dossier qui pourrait handicaper les marges du prochain gouvernement.

Diminution des transferts et dette publique

Dans la perspective de la diminution des transferts financiers liés au mécanisme de transition, la Wallonie doit préparer ses finances à absorber le choc. Pour rappel, à partir de 2025, la Région perdra chaque année 10% des 620 millions qu’elle reçoit du Fédéral. Les compteurs seront eux remis à zéro en 2033.

Dix ans après la débâcle bancaire, les taux de progression du PIB demeurent alanguis.
Institut wallon de l’évaluation, prospective et statistique

L’autre enjeu qui pourrait manger d’éventuelles marges budgétaires est le poids de la dette wallonne qui dépasse les 21 milliards et dont la charge d’intérêt se chiffre en centaines de millions chaque année.

La prochaine coalition va aussi devoir intégrer dans ses tableurs budgétaires une série d’engagements pris par le précédent gouvernement dont les financements courent sur plusieurs législatures. On pense au plan wallon d’investissement évalué à 5 milliards d’euros et dont une infime partie a été engagée. Il y a aussi le plan au niveau des infrastructures hospitalières ou le plan route.

Enfin, les négociateurs doivent intégrer un contexte général qui n’incite pas à l’euphorie. Dans une étude sur l’état de l’économie wallonne publiée jeudi, l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) estime que les performances de l’économie wallonne sont plutôt décevantes. "Dix ans après la débâcle bancaire et financière de 2008 et la récession de 2009, les taux de progression du PIB demeurent alanguis, suggérant un ralentissement durable de la capacité productive régionale", souligne le rapport de l’institut.

Élections 2019

Suivez les négociations et consultations pas à pas dans notre dossier >

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect