Un expert à l'export accessible aux PME

©BELGA

Le ministre fédéral des Classes moyennes a mis sur pied un plan d’action afin d’aider les PME belges à se lancer plus aisément sur les marchés internationaux.

En Belgique, seules un quart des PME sont actives à l’exportation. Si notre pays veut relancer son économie, ce score doit augmenter. C’est en tout cas l’avis du ministre des Classes moyennes, Willy Borsus.

Les PME, elles, restent frileuses. Elles invoquent les freins liés au coût de l’exportation, aux formalités douanières, à la méconnaissance des possibilités de se couvrir contre les risques. Le hic, c’est que 40% des PME qui se privent du marché international ne voient pas leur chiffre d’affaires augmenter… Quant à celles qui exportent, 20% sont freinées par les coûts liés au développement de l’activité exportatrice. Trop souvent, elles se limitent aux marchés voisins: 84% du chiffre d’affaires des PME qui exportent est réalisé au sein de l’UE (soit 445 milliards d’euros).

En février 2015, l’équipe de Charles Michel avait approuvé un Plan PME. L’axe international de ce plan sera présenté lundi. Il comporte six mesures "qui ont un même but, augmenter la compétitivité de nos entreprises, permettre l’émergence de nouvelles et augmenter le taux d’emploi", explique Willy Borsus.

Un expert à coût réduit

L’une des mesures phares de ce plan consiste en un incitant fiscal pour aider les PME à accélérer leur développement international, et le rendre durable dans le temps. Bref, les aider à tenir le coup sur des marchés parfois très concurrentiels. L’idée est donc de permettre à l’entreprise d’engager, à coûts réduits, un expert à l’exportation. Il s’agirait alors d’octroyer à cet "expert sans frontières" une dispense partielle de versement du précompte professionnel pour une période maximale de 18 mois.

Ce projet est encore à l’étude. Il comporte différentes pistes: donner cet avantage aux PME "primo-exportatrices" (qui exportent depuis moins de trois ans) ou aux entreprises de moins de 5 ans, qualifiées parfois de "jeunes pousses". Le plan doit encore être affiné pour ne pas marcher sur les plates bandes des régions et être en accord avec l’UE sur les aides d’Etat.

Toujours dans le but de réduire les coûts, le plan PME suggère aux entreprises d’opter pour le dépôt d’un "brevet unitaire" (plutôt que de déposer un brevet dans chacun des pays où l’on veut exporter). Le coût serait divisé par dix. Pour un brevet valable 10 ans dans une dizaine d’Etats membres de l’UE, cela ne coûtera que 4.685 euros aux PME, plutôt que 45.000 euros…

Les PME connaissent mal les outils à leur disposition pour assurer les risques et se lancer sur des nouveaux marchés? Willy Borsus a la solution. Il va organiser, début 2017, un roadshow intra-belge avec le Ducroire pour faire connaître les instruments de soutien à l’exportation spécifiquement destinés aux PME.

Pour contrer la petite taille des entreprises qu’il voudrait voir se lancer sur le marché international, le plan PME leur conseille enfin de mutualiser leurs moyens et leurs compétences au travers des groupements d’employeurs ou les groupements d’intérêts économiques. "Des informations et des conseils sur ces groupements seront donnés sur le site du SPF Economie", explique encore le cabinet Borsus.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés