Un nouveau recours au Conseil d'Etat concernant les armes belges livrées à l'Arabie saoudite

Plusieurs associations demandent l'annulation des licences concernant les armes qui doivent être livrées à la Garde nationale, mais également celles qui concernent la Garde royale. Elio Di Rupo point le nombre d'emplois qui pourraient être impactés.

Trois associations ont introduit un recours en annulation au Conseil d'État contre les licences d'exportation d'armes vers l'Arabie saoudite accordées par la Région wallonne à la FN Herstal et à John Cockerill Defense, ont-elles annoncé lundi. Au mois d'août, elles avaient déjà obtenu gain de cause dans une procédure en suspension pour les licences de la première entreprise.

Les armes de la FN devaient être livrées à la Garde nationale impliquée dans le conflit au Yémen. Les associations - la Coordination Nationale d'Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), la Ligue des droits humains (LDH) et Vredesactie avec le soutien de la section francophone d'Amnesty International- veulent désormais en obtenir l'annulation définitive. Elles avaient en revanche été déboutées pour les licences visant des tourelles de char produites par John Cockerill et destinées à la Garde royale.

Elles n'avaient notamment pu prouver l'implication de cette unité dans le conflit au Yémen. "Nous demandons l'annulation des licences concernant les armes qui doivent être livrées à la Garde nationale, mais également celles qui concernent la Garde royale. Selon les recherches menées par Vredesactie, la Garde royale serait notamment impliquée dans la répression de voix dissidentes, à la fois en Arabie saoudite et à l'extérieur du pays, comme cela pourrait avoir été le cas avec l'assassinat du journaliste Jamal Khasshoggi", ont-elles expliqué.

Qui plus est, il est peu crédible, selon elles, que la Garde royale soit la seule destinataire des tourelles de char. "Le nombre total de véhicules blindés destinés à la Garde royale est tout simplement énorme par rapport au nombre d'hommes qui la composent, ce qui peut laisser supposer que ces véhicules servent en réalité à d'autres unités de l'armée saoudienne. Ces armes pourraient ainsi se retrouver au Yémen, théâtre d'un terrible conflit auquel l'Arabie saoudite est partie, étant à la tête d'une coalition responsable du reste de crimes de guerre", ont-elles affirmé.

En Wallonie, une question d'emplois

"Je vous rappelle les graves conséquences économiques et sociales, pour la Wallonie, si ces licences étaient définitivement annulées."
Elio Di Rupo
Ministre-président wallon

"Nous ne méconnaissons pas le drame du Yémen", a de son côté assuré le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, interrogé en commission du parlement régional sur la question des licences d'armes par la députée écologiste Hélène Ryckmans. "Mais je vous rappelle les graves conséquences économiques et sociales, pour la Wallonie, si ces licences étaient définitivement annulées", a-t-il ajouté en rappelant que 5.000 emplois directs et indirects étaient en jeu. "En tant que ministre-président wallon, je ne me vois pas faire perdre ces emplois à notre région", a-t-il poursuivi.

Quant à une éventuelle diversification de la production de la FN Herstal et à John Cockerill Defense, "ne soyons pas hypocrites, ce n'est pas en quelques mois qu'une diversification aussi fondamentale peut avoir lieu", a conclu Elio Di Rupo.

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