Un plan pour renforcer la solvabilité des PME wallonnes

Pour Willy Borsus, le ministre libéral en charge de l’Économie en Wallonie, cette deuxième phase dans les aides à la relance est cruciale. © Lieven Van Assche

La Région wallonne initie la deuxième phase de son plan de relance économique. C'est au total 400 millions d'euros qui sont mobilisés pour renforcer les fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises.

La Wallonie prépare la relance de son tissu économique et lance une deuxième phase. À côté des primes financières destinées à soutenir les secteurs touchés par le ralentissement des activités suite aux mesures de confinement comme l’horeca ou l’évènementiel, l’exécutif wallon PS-MR-Ecolo vient d’adopter jeudi "un plan de soutien à la solvabilité et à la relance des entreprises".

"Cette phase est destinée aux entreprises ayant des projets d’investissements, qui souhaitent s’étendre ou modifier leurs processus (numérisation, transition énergétique…)."
Gouvernement wallon

Pour Willy Borsus (MR), le ministre en charge de l’Economie en Wallonie, cette deuxième phase dans les aides à la relance est cruciale. "Il est capital à ce stade de la crise de soutenir les entreprises qui ont été impactées en renforçant leur solvabilité, mais également en les accompagnant de façon adaptée dans un objectif de relance et de redéploiement", explique-t-il.

Quatre axes dont un fonds de 400 millions

Concrètement, ce plan spécifique va venir en appui aux aides qui existent déjà au sein des fonds publics wallons comme la Sowalfin, la SRIW ou la Sogepa. Le ministre Borsus le définit comme "un pack qui permet d’apporter un soutien adapté à l’ensemble du tissu économique wallon, de l’indépendant à la grande entreprise, en passant par la PME". Il se déclinera autour d’une série d’axes dont le principal sera la création d’un fonds de solvabilité et de relance au départ de la SRIW, de la Sogepa et des invests. Pour les besoins, ce sont 400 millions qui sont mobilisés afin de renforcer les fonds propres et quasi-fonds propres des entreprises.

2,5%
taux d'intérêt
Accessible pour les entreprises via leur organisme bancaire, ce prêt d’une durée de maximum 10 ans bénéficie d’un taux fixe de 2,5%.

Afin d’agir sur la solvabilité, le fonds wallon en partenariat avec le fonds lancé par le Fédéral "vise à renforcer les fonds propres des entreprises wallonnes par une augmentation de leur capital ou de leur quasi-capital". Ce volet concerne les entreprises actives dans des secteurs qui ont été fortement touchés par la crise et qui ont un besoin criant de solvabilité pour pouvoir redémarrer. Un second volet du fonds est dédié à la croissance et à la transition. "Cette phase est destinée aux entreprises ayant des projets d’investissements, qui souhaitent s’étendre ou modifier leurs processus (numérisation, transition énergétique…)", explique le gouvernement.

À côté du fonds, la Wallonie va lancer un prêt subordonné "propulsion". Celui-ci pourra aller "jusqu’à 1 million d’euros conjoint à un crédit bancaire du même montant, afin de renforcer la structure financière des PME wallonnes impactées par la crise et contribuer ainsi à l’amélioration de leur solvabilité". Accessible pour les entreprises via leur organisme bancaire, ce prêt d’une durée de maximum 10 ans bénéficie d’un taux fixe de 2,5%. Au niveau des garanties, la Sowalfin, qui pilote le prêt, bénéficie du soutien de l’Europe (Fonds Européen d’Investissement - FEI) "qui garantit chaque prêt à hauteur de 75%, à concurrence d’une enveloppe de 100 millions sur l’année 2021".

100.000 €
Le montant maximum empruntable du prêt "ricochet" (soit 50.000 euros pour la banque et 50.000 euros pour la Sowalfin).

Le troisième axe du plan de solvabilité wallon s’appuiera sur le prêt "ricochet", renforcé pour la cause. Pour rappel, le prêt ricochet actuel est un produit combinant une garantie sur un crédit bancaire et un prêt subordonné à un taux de 0% complémentaire au prêt de la banque. Le gouvernement le rend aujourd’hui plus adapté aux besoins des entreprises dans le cadre de la relance avec un montant maximum empruntable qui passe de 45.000 à 100.000 euros.

Dans l’ancienne version du prêt Ricochet, la banque intervenait à hauteur de maximum 30.000 euros et la Sowalfin de 15.000 euros. Dans la nouvelle version, c’est 50.000 euros pour la banque et 50.000 euros pour la Sowalfin. Elle peut aussi intervenir conjointement à un moratoire bancaire de minimum 6 mois, en octroyant un prêt subordonné complémentaire de maximum 50.000 euros, explique-t-on.

Un pack d'accompagnement pour les entrepreneurs

"La situation de crise a isolé un grand nombre d’entrepreneurs et on constate que beaucoup ne savent pas qu’il existe des solutions pour les aider à relancer leur activité."
Cabinet Borsus

Enfin, le quatrième volet du plan, se penchera sur l’accompagnement des entrepreneurs. "La situation de crise a isolé un grand nombre d’entrepreneurs et on constate que beaucoup ne savent pas qu’il existe des solutions pour les sortir de cet isolement et les aider à relancer leur activité. Ils ne savent pas toujours à qui s’adresser et comment prendre un certain recul pour redémarrer. Par ailleurs, plus d’1/3 des indépendants envisage de revoir leur business model après la crise notamment afin qu’il soit plus résistant à d’éventuelles nouvelles crises ou des changements imprévus dans leur environnement", estime le cabinet de Willy Borsus.

Face à ce double constat, la Sowalfin va lancer un pack d’accompagnement des entrepreneurs dont l’élément majeur consistera à proposer aux entrepreneurs un diagnostic sur la relance et le redéploiement. Cette introspection consistera notamment à challenger l’entièreté du business model de l’entreprise pour l’adapter aux nouveaux enjeux face à d’éventuelles futures mutations brutales de son environnement" et à "proposer un plan d’actions à mettre en œuvre concrètement pour y arriver".

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