Un raccourcissement des vacances d'été n'emballe pas les syndicats

Un racourcissement des vacances d'été, comme le préconise l'économiste Geert Noels, ne séduit pas les organisations syndicales. ©SISKA VANDECASTEELE

Raccourcir les vacances d'été d'un mois afin de limiter les conséquences de la crise sanitaire, c'est une suggestion de l'économiste flamand Geert Noels. Du côté des syndicats de l'enseignement, l'accueil est glacial.

La crise du coronavirus aura un impact économique incontestable. Dans certains cercles, d'aucuns réfléchissent à des options qui permettraient d'en limiter les effets. À ce titre, l'économiste Geert Noels a notamment proposé de raccourcir les vacances d'été.

"C’est nécessaire pour rattraper notre retard économique, et c’est également important d’un point de vue psychologique. Cela nous donne le sentiment que nous prenons les choses en main, que ce revers ne doit pas nécessairement être un désastre", argumente-t-il. Aux yeux du CEO d'Econopolis, une telle mesure aurait aussi la vertu de permettre aux élèves de compenser plus facilement les éventuels retards accumulés en matière d'apprentissage.

Proposition prématurée

"Si on prend l'exemple du CEB, on parle pour l'instant de trois semaines sur six ans. Il faut tout ramener à sa juste proportion."
Roland Lahaye
Président de la CSC-Enseignement

Contactés par nos soins, les syndicats du secteur de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles accueillent sa proposition avec froideur. À les croire, elle est clairement "prématurée". Pour Roland Lahaye, président de la CSC-Enseignement, elle serait même "complètement stupide". Le nombre de semaines "perdues" doit être évalué au regard d'un cursus complet. "Si on prend l'exemple du CEB, on parle pour l'instant de trois semaines sur six ans. Il faut tout ramener à sa juste proportion", insiste-t-il.

À condition que le confinement ne se prolonge pas au-delà des vacances de Pâques, son homologue de la CGSP-Enseignement, Joseph Thonon estime aussi que le "parcours de l'élève ne devrait pas être trop perturbé”, d’autant plus si les différents acteurs font preuve de souplesse par la suite.

"Après un confinement aussi long, les gens auront besoin de se détendre et de faire autre chose qu'aller à l’école."
Joseph Thonon
Président de la CGSP-Enseignement

Même si la suspension des cours devait se prolonger, le représentant syndical ne serait toutefois pas en faveur d'un raccourcissement des vacances d'été. "Après un confinement aussi long, les gens auront besoin de se détendre et de faire autre chose que d'aller à l’école”, lance-t-il.

Joseph Thonon rappelle en outre qu’il y a déjà eu des périodes dans le passé où des élèves sont restés longtemps sans aller à l’école, notamment lors des grèves des enseignants en 1996. "À l'époque, on a dû pallier six semaines d'absence de cours. On a été plus souple dans les épreuves d'évaluation, qui ont été adaptées en tenant compte des suspensions."

Long terme

Pour autant, Thonon n'exclut pas une réflexion à long terme sur les rythmes scolaires. "Il faut une réflexion plus globale et approfondie sur l'année scolaire. Je pense que les enseignants ne sont pas opposés à réduire les grandes vacances. Dans le contexte qui nous occupe, je pense toutefois que ce n'est pas une bonne idée. Ici, il faudra surtout veiller à alléger le parcours des élèves en fonction du nombre de semaines de confinement."

"Pour le moment, avec trois semaines de suspension, la situation reste gérable."
Masanka Tshimanga
Présidente du SLFP-Enseignement

À la SLFP, la présidente Masanka Tshimanga tient un discours identique. "Je trouve que cette proposition est prématurée, d'autant plus qu'il est prévu que les rythmes scolaires soient examinés dans le cadre du Pacte pour un enseignement d'excellence", explique-t-elle. "Pour le moment, avec trois semaines de suspension, la situation reste gérable".

À l'inverse des organisations syndicales, une directrice d'un établissement scolaire du Hainaut juge que la proposition de Noels n'est pas nécessairement mauvaise, d'autant plus si le confinement se prolonge. "Si on veut rattraper un retard dans les apprentissages, c'est une option intéressante. Par contre, je doute que le secteur horeca, déjà mis sous pression par la crise, puisse survivre s'il doit ensuite essuyer une réduction des vacances scolaires", pointe-t-elle. Un autre aspect à ne pas perdre de vue...

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