Une agora citoyenne pour repenser la forêt domaniale Saint-Michel Freyr

©doc

Pour écouter Eric Domb et Céline Tellier, la nouvelle ministre wallonne de la Forêt, DNF et pouvoirs locaux étaient réunis ce lundi en forêt. A l’ordre du jour: la création d’une agora citoyenne pour repenser et concilier la nécessaire diversification des activités lancées au coeur et à l’entour de la future forêt domaniale.

Malgré un temps à ne pas mettre un canard dehors, la salle du CRIE (Centre régional d' initiation à l'environnement) du Fourneau Saint-Michel était comble, avec un peloton du DNF (Département nature & forêt) en uniforme flanqué de sa direction en chef et des bourgmestres de Tenneville, Nassogne et Saint-Hubert. Tous avaient répondu à l’appel pour venir prendre le pouls du patron de la Pairi Daiza Foundation, Eric Domb, et de leur nouvelle ministre de tutelle, Celine Tellier (Ecolo).

A l’ordre du jour: les premiers jalons posés pour intégrer une nécessaire participation citoyenne dans le projet de forêt durable, conjointement initié à ce stade sur les quelque 1.700 hectares de la forêt domaniale de Saint-Micher Freyr par la Pairi Daiza Foundation et la Région wallonne (via le SPW concerné).

" Il ne s’agit en aucun cas de marchandiser la forêt, mais de la partager durablement "
Eric Domb
PAiri Daiza Foundation

Pour Eric Domb, "prendre un bien public en main demande une réelle expertise, mais aussi une concertation savamment menée avec toutes les parties en présence sur le territoire concerné avec le souci de rendre conciliable des intérêts parfois divergents. Je suis bien placé pour le savoir, car notre première tentative, ciblée sur Nassogne il y a plus de trois ans, a échoué notamment sur ce point. Mais on peut se dire heureux d’échouer si on se relève… et que le second essai est meilleur", insistait dès l’ouverture de la séance Eric Domb, très en verve entre neige et pluie.

Rappelant au passage – d’abord à l’attention de la nouvelle ministre de la Nature et de la Forêt assise à sa droite – que le temps biologique de la forêt n’est pas celui du politique, celui-ci s’est également réjoui de voir Céline Tellier reprendre à deux mains, après un temps d’arrêt, le flambeau allumé par son prédécesseur, René Collin.

Participation citoyenne " indépendante "

Pour intégrer dans le projet la participation citoyenne promise et requise par le cahier des charges signé par la Pairi Daiza Foundation, la société coopérative publique-privée qui devrait le piloter durant les décennies – voire les siècles – à venir a confié à l’Université de Liège l’animation et la gestion de cette " agora citoyenne " durant cinq journées complètes.

Celle-ci devra faire la synthèse de la manière dont ce panel citoyen voit évoluer la forêt wallonne dans les 80 prochaines années. Pour ce faire, ils seront 30 à se concerter, répartis géographiquement par cercles concentriques, la majorité étant domiciliée près du futur domaine. "Pour élargir le spectre de ce collectif citoyen, on a également sélectionné un Bruxellois… et même un Flamand", indiquait Gérard Jadoul. Naturaliste et expert du terrain forestier local, celui-ci et ses deux acolytes agiront pour leur part, selon ses propres termes, comme des "entremetteurs", des interfaces entre les différentes forces en présence. Ils seront d’ailleurs rétribués par la Pairi Daiza Foundation.

Enfin, pour rédiger cette synthèse, le panel de citoyens triés devra également partager ses idées avec les experts de terrain (forestiers, groupes locaux divers, etc.) d’ici juin prochain. A cette date, un nouveau plan régional d’aménagement forestier, qui devrait intégrer cette synthèse, sera en effet validé pour cinq ans par les pouvoirs publics wallons.

" Pas de détournement commercial possible "

Chat échaudé craignant l’eau froide, Eric Domb a également répété, avec insistance, qu’il serait impossible de détourner "ce projet inédit de partage et de résilience" à des fins économiques.

"Il est donc clairement hors de question – je préfère être clair – qu’une structure de parc comme Pairi Daiza, par exemple, puisse tirer profit ou avantage commercial de ce que nous mettons ici en place avec nos partenaires publics sur le très long terme. Il ne s’agit en aucun cas de marchandiser la forêt, mais de lui permettre d’être justement rémunérée pour les services qu’elle nous rend, en essayant d’en faire profiter un maximum de personnes d’ici et d’ailleurs. Pour le moment, celle-ci est trop exclusivement fréquentée par les tenants de la filière bois et par les chasseurs. Et nous devons permettre aux communes locales, qui vivent quasi exclusivement de leurs ressources forestières, de les diversifier", à insisté le patron wallon. Directement repris en chœur par Céline Tellier, rappelant combien les deux filières citées – l’industrie forestière et la chasse – étaient économiquement fragilisée par la sécheresse et le scolyte d’une part et par la peste porcine de l’autre.

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