Une prime pour les chômeurs qui réussissent une formation dans un métier en pénurie

©Frédéric Pauwels / Huma

A l'occasion de la rencontre entre les différents ministres de l'Emploi du pays, Pierre-Yves Jeholet, membre de l'exécutif wallon a plaidé pour la mise en place d'un incitant financier de minimum 350 euros pour orienter davantage les jeunes chômeurs vers les métiers en pénurie.

Jamais sous le gouvernement Michel, les cinq ministres de l'Emploi du pays ne s'étaient réunis au sein d'une conférence interministérielle. Kris Peeters (CD&V) pour le fédéral, Didier Gosuin (DéFI) pour le gouvernement bruxellois, Philippe Muyters (N-VA), son homologue flamand et la moins connue Isabelle Weykmans (PFF) pour le gouvernement germanophone avaient rendez-vous ce mercredi matin avec le ministre wallon Pierre-Yves Jeholet (MR) qui a pris les devants pour organiser cette rencontre. 

Au menu des discussions, deux thèmes particuliers: le statut spécifique pour les demandeurs d'emploi les plus fragilisés et les métiers en pénurie, ce qui concerne plus de 50 professions en Wallonie.

"Nous avons clairement un problème en Wallonie avec les métiers en pénurie. Il y a trop de postes vacants."
Pierre-Yves Jeholet (MR)
Ministre wallon de l'Emploi

Sur ce dernier point, l'élu wallon ne cache pas les lacunes de sa région. "Nous avons clairement un problème en Wallonie avec les métiers en pénurie. Il y a trop de postes vacants", explique Pierre-Yves Jeholet dans la matinale de Bel RTL. Selon le libéral, il faut "orienter les jeunes vers des métiers en pénurie" car "les entrepreneurs sont prêts à engager".

"Il faut donner un incitant motivant de minimum 350 euros quand on réussit une formation dans un métier en pénurie, qui serait exonérée fiscalement", indique le ministre wallon de l'Emploi, précisant que "cela représentera un budget qui en vaut la peine aujourd'hui". Un plafond maximal à ne pas dépasser pourrait donc être fixé pour exonérer cette prime. Les Régions détermineraient ensuite, à l'intérieur de ce cadre, le montant de la prime ainsi que les formations pour lesquelles elle serait accordée. D'un point de vue budgétaire, cette exonération ne pèserait pas en tant que telle sur le budget fédéral puisque lesdites primes n'existent pas encore.

Un statut de demandeur "non mobilisable"

Autre piste abordée par les ministres de l'emploi, la mise en place d'un statut particulier pour les demandeurs d'emploi les plus fragilisés, soit "les personnes les plus éloignées du marché du travail à cause d'un problème médical, psychiatrique ou encore psychologique", souligne Pierre-Yves Jeholet. Le nombre de personnes concernées en Belgique n'est pas négligeable: entre 8.000 et 12.500, selon une estimation fournie par le cabinet Jeholet. "A partir du premier janvier 2019, ils ne seront pas contrôlés, ni mobilisables pendant 2 années renouvelables", prévient le ministre wallon, et ils "bénéficieront pendant ce temps d'un accompagnement spécialisé".

Le ministre Jeholet a été chargé par ses collègues de mettre en place un groupe de travail qui définira les modalités de ce statut.

La prise en charge de ce public fait régulièrement l'objet de questions. En 2011, une classification réalisée par le Forem de demandeurs d'emploi en quatre catégories avait suscité la polémique. Les CPAS et le syndicat chrétien avaient exprimé leur crainte de voir la dernière catégorie, la plus éloignée de l'emploi, renvoyée vers les CPAS

Par ailleurs, le Verviétois a profité de son passage à la radio pour réagir au refus du bourgmestre de la Cité ardente, Willy Demeyer (PS), d'accepter la scission la sortie de Resa du groupe Publifin/Nethys en vue d'un rapprochement éventuel avec Ores. Pierre-Yves Jeholet se dit surpris et, selon lui, le socialiste "doit être le seul en Wallonie à ne pas avoir compris le tsunami Nethys".

L'interview de Pierre-Yves Jeholet (MR)

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