Vingt millions pour les "électro-intensives" wallonnes

Aperam devrait pouvoir compter sur les aides prévues par la Région wallonne pour les entreprises "électro-intensives" ©Photo News

Les entreprises électro-intensives wallonnes pourront compter en 2020 sur un soutien de 20 millions d'euros du gouvernement régional. L'objectif: améliorer leur compétitivité.

Vingt millions d'euros, c'est le montant contenu dans l'enveloppe prévue cette année par l'exécutif wallon pour soutenir ses industriels "électro-intensifs", comprenez ceux dont la facture d'électricité représente une grosse part du chiffre d'affaires ou de la valeur ajoutée.

20
Millions €
Une trentaine d'entreprises "électro-intensives" wallonnes vont pouvoir compter sur un soutien de 20 millions d'euros de la Région wallonne.

En 2018 et 2019, 7,5 millions d'euros avaient été dégagés pour une trentaine d'entreprises, principalement issues des secteurs de la métallurgie, de la chimie, du pharma ou encore du papier. Des industriels tels qu'Inovyn, Aperam ou encore Burgo Ardennes sont concernés.

Mais au fond, pourquoi ce soutien est-il nécessaire? "Les électro-intensives wallonnes sont impactées par un handicap de compétitivité par rapport à leurs concurrentes hors de Wallonie, du pays et de l'Europe. Ce désavantage s'explique en raison du différentiel de coût de l'énergie", explique le ministre régional de l'Economie, Willy Borsus (MR). En conclave budgétaire, ce dernier a plaidé et obtenu 15 millions supplémentaires pour ces acteurs.

"Les électro-intensives wallonnes sont impactées par un handicap de compétitivité par rapport à leurs concurrentes hors de Wallonie, du pays et de l'Europe."
Willy Borsus
Ministre wallon de l'Economie

Quotas européens de CO2

Détaillons un peu... En vertu du système européen de quotas de CO2 (directive ETS), les producteurs d'électricité doivent acheter des quotas correspondant à leurs émissions de gaz à effet de serre. Conséquence: le prix de l'électricité augmente. Comme ce surcoût, répercuté sur les clients, risque de nuire à la compétitivité, mais aussi de favoriser des délocalisations, les États sont autorisés à intervenir en "compensation des coûts indirects" des entreprises. En gros, ils peuvent, sous conditions, alléger leur facture électrique.

Des dispositifs d'aide sont donc prévus en Belgique, comme dans d'autres pays de l'UE. Là où le bat blesse, c'est que les mesures mises en place pour favoriser les électro-intensifs chez nos voisins sont apparemment plus efficaces. Une étude comparative de PwC, réalisée l'année dernière à la demande du régulateur fédéral (CREG), l'atteste: les industriels électro-intensifs belges souffrent d'un handicap compétitif par rapport à leurs homologues français, néerlandais et allemands.

Dans ce document, le consultant précise qu'une "partie des recettes fiscales en Belgique est utilisée pour protéger des consommateurs qui ne sont pas particulièrement affectés par un manque de compétitivité des prix de l'électricité, alors que des consommateurs plus vulnérables souffrent d'un désavantage important comparé à leurs concurrents électro-intensifs localisés dans les pays voisins".

Calibrage

En d'autres termes, les mesures prises pour protéger nos entreprises ne seraient pas toujours parfaitement calibrées. Ce constat dressé, PwC tirait une conclusion sans équivoque, appelant "à faire évoluer les prix de l'énergie totaux vers des niveaux plus compétitifs pour les consommateurs industriels électro-intensifs, tout en préservant (une partie de) l’avantage concurrentiel pour les consommateurs non-électro-intensifs (pour autant qu’autorisé par la législation européenne)."

En dégageant un total de 20 millions d'euros (dont 5 déjà liquidés), spécifiquement pour les entreprises "électro-intensives", la Wallonie entend en partie répondre à cet appel.

"Les spécificités des entreprises éligibles sont très précises, afin de cadrer avec les règles de l'UE."
Willy Borsus

Pour déterminer les secteurs éligibles et éviter de voir ses aides recalées par l'Europe, le gouvernement s'est basé, comme depuis 2018, sur la liste reprise dans l'annexe de la directive ETS. "Les spécificités des entreprises éligibles sont très précises, afin de cadrer avec les règles de l'UE. Il faut notamment qu'elles soient actives dans les bons secteurs et qu'elles aient un ratio du poste énergie important dans l'ensemble de leurs coûts finaux de production", conclut Willy Borsus.

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