Willy Borsus prudent sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite

©BELGA

Vendredi soir, le ministre des Affaires étrangère, Didier Reynders (MR), a indiqué qu'il était favorable à la suspension de ventes d'armes de la FN Herstal à un pays en guerre au Yemen.

"Dès l'instant où il apparaitrait que des armes n'ont pas, in fine, été utilisées à l'endroit ou dans le pays auquel elles étaient destinées, il y aura effectivement une réaction de la Région wallonne", affirme samedi dans la journal de la RTBF, le ministre-président Willy Borsus. "Cela peut aller jusqu'à la suspension des licences d'armes déjà accordées puisque c'est ce dont il est question", poursuit-il, emboitant le pas au ministre des Affaires étrangères Didier Reynders qui s'est prononcé vendredi pour une suspension des ventes d'armes à l'Arabie saoudite après que l'on a appris que certaines armes de la FN Herstal étaient utilisées au Yémen.

"Quels que soient les enjeux en termes économique et d'emplois, il est évident que l'on doit s'inscrire dans le strict respect des règles internationales et notamment des éléments liés à la lutte contre les conflits armés et le respect des droits de l'Homme", affirme M. Borsus, insistant cependant sur le caractère conditionnel d'une telle situation.

Les exportations wallonnes vers l'Arabie saoudite se montent à 150 millions d'euros.

Dans les colonnes de L'Echo de samedi, Jean-Claude Marcourt, ex-ministre wallon de l'Economie et tête de la liste PS de Liège pour la Région s'en remettait à l'Europe.

 "Nous avons les règles les plus sévères en Europe, confiait-il. C'est un peu facile de mettre tout sur des entreprises qui respectent, je n'ai pas de preuves du contraire, les règles qui leur sont imposées pendant que d'autres peuvent mener des projets là-bas, immobiliers par exemple. Si on considère au niveau européen que l'Arabie saoudite ne mérite pas qu'on y exporte nos armes alors il faut aller au bout du chemin et cesser complètement de commercer avec elle."

Le projet de recherche #BelgianArms, dont le journal Le Soir fait partie, a révélé mercredi que l'Arabie saoudite faisait usage d'armes et de technologies belges pour ses opérations au Yémen, rouvrant le débat sur les contrats d'exportations d'entreprises belges comme de la FN Herstal, dont la Région wallonne est l'unique actionnaire, vers le pays de la péninsule arabique.

Face aux critiques, Macron "assume"

"C'est vrai qu'il y a un débat à Liège entre l'emploi des 15.000 travailleurs de la FN, et les difficultés que l'on rencontre avec certains acheteurs comme l'Arabie Saoudite en matière de droits de l'homme. Personnellement, j'ai proposé à chaque fois aux régions qu'on aille vers un embargo. Je plaide aussi pour un embargo européen, j'ai fait des démarches pour cela. Et j'ai demandé aux Régions d'avancer en ce sens, quel que soit le ministre président", a déclaré Didier Reynders sur la radio de la RTBF.

 "Je crois qu'il serait bon qu'on suspende les contrats de livraison d'armes à l'Arabie saoudite. On peut le faire, c'est prévu par les contrats. Ça n'a pas été fait par les gouvernements précédents, mais j'espère que cela sera fait par le gouvernement wallon actuel", a poursuivi le chef de la diplomatie belge.

Un polémique similaire est également née en France  née du départ du Havre d'un cargo saoudien chargés d'armes dont un certain nombre d'ONG assurent qu'elles pourraient servir au Yéman. Le président français, Emmanuel Macron a dit "assumer" la poursuite des ventes d'armes par son pays à l'Arabie saoudite.  

"L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont des alliés de la France. Et ce sont des alliés dans la lutte contre le terrorisme. Nous l’assumons totalement", afirmait-il en marge d’un sommet européen, jeudi 9 mai, à Sibiu, en Roumanie. Le chef de l’Etat français assure disposer de la "garantie" que les armes françaises  "n’étaient pas utilisées contre des civils" au Yémen

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