Au moins 32% de renouvelable en Europe en 2030

Le Parlement et le Conseil de l'UE se sont mis d'accord sur un objectif contraignant de 32% de renouvelable en 2030. ©AFP

Les institutions européennes se sont accordées pour relever l’objectif d’énergies renouvelables dans le mix énergétique à 32% pour 2030. Un compromis qui facilite la prise de position de la Belgique, dont l'ambition était tirée vers le bas par la Flandre.

Pour les uns, c’est une décision qui permettra à l’Europe de garder le "lead" en matière de lutte contre le réchauffement, pour les autres, c’est le degré zéro de l’ambition en la matière. Les négociateurs des institutions européennes sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à un accord pour fixer à 32% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen d’ici 2030. L’objectif, contraignant, revoit donc à la hausse les ambitions de l’Union en la matière: la part de renouvelable doit être de 20% en 2020, et elle était jusqu'ici fixée à 27% pour 2030. Les négociateurs ne sont pas par contre pas parvenus à s'accorder sur des objectifs plus ambitieux en matière d'efficacité énergétique.

Moins ambitieux

“Je crois qu’on pourra vivre avec ça, je le souhaite en tout cas”
Jean-Luc Crucke
Ministre wallon du Climat

La Commission européenne, qui plaidait pour lever le curseur à 35%, se félicite de cet "accord ambitieux" par lequel "l'Europe mène la transition globale vers les énergies propres". Le commissaire en charge de l'Action climatique, Miguel Arias Cañete, parle même d’une "victoire obtenue de grande lutte", qui va “permettre à l'Europe de garder son rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique".

L’accueil est nettement plus froid du côté des organisations de défense de l’environnement. Le Fonds mondial pour la nature (WWF), déplore un accord "sans ambition". L'objectif de renouvelable "est à peine au-dessus du statu quo, c'est un échec spectaculaire de l'UE", estime Imke Lübbeke, responsable Climat et Énergie de l’ONG internationale.

Position belge incertaine

L'accord obtenu en "trilogue" - un format de négociation entre les colégislateurs de l'UE - doit à présent être formellement adopté par le Parlement et le Conseil.

Que va faire la Belgique? La position qu’adoptera la Belgique est incertaine. Selon le quotidien “de Standaard”, qui a obtenu une note de réunion des Régions, la Belgique est dans le camp des pays qui freineraient l'adoption d'objectifs ambitieux en la matière, avec la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie. La Flandre, en particulier, a empêché un accord entre régions, en l'absence d'étude d'impact précise.

“Il n’y a pas eu un consensus entre les régions et le fédéral. Nous, nous étions prêts à un compromis qui était de dire qu’on tendait vers les 35%, explique le ministre wallon Jean-Luc Crucke (MR), en charge de l'Énergie et du Climat. L’accord européen sur le chiffre de 32% devrait faciliter l’adoption d’une position belge, estime-t-il : “Je crois qu’on pourra vivre avec ça, je le souhaite en tout cas”, indique Crucke.

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