Fitch dégrade la note souveraine de la Grèce

(© Kostas Tsironis)

La note de la Grèce n'est plus qu'à trois crans de la note DDD réservée aux émetteurs en défaut de paiement.

L'agence de notation financière Fitch a annoncé mercredi avoir dégradé de trois crans la note souveraine de la Grèce, à CCC, contre B+ auparavant, en l'absence d'un nouveau plan d'aide "crédible et financé" de l'UE et du FMI à ce pays en proie à de graves difficultés.

L'agence relègue ainsi la Grèce à trois crans de la note DDD, réservée aux émetteurs de dette en défaut de paiement, c'est-à-dire qui ne sont pas en mesure de rembourser leur dette.

A l'appui de sa décision mercredi, l'agence souligne "l'absence d'un nouveau plan d'aide, intégralement financé et crédible" de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI). A cela s'ajoutent de "fortes incertitudes entourant le rôle des créanciers privés" dans le plan et les perspectives macroéconomiques du pays.

Fitch fait valoir que la Grèce a besoin d'argent pour éviter de se retrouver en faillite en 2012 et que cette urgence aurait justifié que l'UE et le FMI, ainsi que les créanciers privés, se mettent d'accord sur un nouveau plan au début du mois de juillet.

La Grèce s'indigne

Athènes juge la décision de Fitch "incompréhensible" dans la mesure où le calendrier de l'aide apportée par Union européenne et le Fonds monétaire international était clair. "Il est incompréhensible que Fitch fasse cette annonce aujourd'hui en dépit du fait que le calendrier de l'action des pays de la zone euro et du FMI a été décidé et est connu", a affirmé le ministre des finances grec, Evangélos Vénizélos,dans un communiqué.

Le ministre a ajouté que cet abaissement de note par Fitch, la dernière des trois agences de notation financière à reléguer la note souveraine de la Grèce en catégorie spéculative, "n'affectera pas le système bancaire grec" et qu'il "sera pris en compte en pratique lorsque le nouveau programme entrera en action".

Appel du FMI

Mercredi, le FMI a chiffré à 71 milliards d'euros l'aide supplémentaire que devraient verser les Etats membres de la zone euro à la Grèce jusqu'en juin 2014. Cette somme s'ajouterait aux 80 milliards d'euros promis en mai 2010, dont 33,3 milliards restent à verser. Le Fonds appelle également à une participation des créanciers privés de la Grèce à hauteur de 33 milliards d'euros sous la forme de "réinvestissements volontaires et/ou extensions de maturités". Le FMI ne compte par contre pas mettre un cent de plus sur la table, pour l'instant.

Fitch avait déjà abaissé la note de dette de la Grèce de trois crans le 20 mai, une sanction qu'Athènes avait rejetée comme ne prenant pas en compte ses engagements à intensifier les efforts de redressement économique du pays.

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