Gilets jaunes: la France a évité le samedi noir

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125.000 gilets jaunes ont manifesté en France ce samedi. Malgré des échauffourées, les forces de l'ordre ont réussi à contenir les débordements. La parole d'Emmanuel Macron est attendue la semaine prochaine.

Les désastreuses images du week-end précédent ne se sont pas répétées. Pour la quatrième édition du mouvement de contestation des gilets jaunes, le désordre à Paris et en province a été contenu en raison d'un impressionnant déploiement des forces de l'ordre, au sein desquelles des moyens blindés ont été utilisés ainsi que des éléments de cavalerie.

La journée avait été préparée bien en amont. Les pouvoirs publics comme certains gilets jaunes avaient appelé à ne pas venir à Paris. Et dans la capitale française, nombre de contestataires équipés de leur chasuble fluo ont pris garde à ne pas se mêler aux casseurs.

Des heurts ont eu lieu, des vitrines ont été brisées, des voitures incendiées, des scooters renversés ainsi que des scènes de vandalisme variées, mais dans une proportion moindre que la semaine précédente, y compris pour la quantité de blessés (une trentaine).

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Organisation en amont

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Les points sensibles étaient ultra-protégés dès l'aube et un bon millier d'interpellations préventives suivies de gardes à vues ont contribué à ce que d'une façon générale, force soit restée à la loi. La stratégie des effectifs de police avait de surcroît été modifiée. D'une part et notamment sur les Champs Elysées, les gilets jaunes étaient contenus. Et d'autre part, ordre avait été donné de ne pas laisser s'installer des positions d'affrontement à coup de grenades lacrymogènes ou de désencerclement. En début de soirée des points de fortes tensions subsistaient à Paris comme en province mais les observateurs estimaient pour la plupart que le désastre du 1er décembre, qui avait vu la mise à sac de l'emblématique Art de Triomphe, ne s'était pas renouvelé. Faute d'organisation chez les gilets jaunes la question de la dispersion pouvait néanmoins, vers 18h, laisser en suspens l'éventualité de nouveaux débordements tard en soirée.

Réponse politique la semaine prochaine

La relative maîtrise de ce samedi promis " noir " et qui a été incidemment l'objet de railleries un rien baroques de la part du président américain Donald Trump et du président Recep Tayyip Erdogan pour la Turquie, laisse désormais la place à une reprise en main politique. Si Edouard Philippe, le premier ministre a bien été à la manœuvre tout au long de la semaine écoulée, la prise de parole attendue pour le début de la semaine par Emmanuel Macron sera déterminante par son contenu.

Le président français, qui peut se targuer avec son gouvernement d'avoir pris -tardivement- des mesures d'apaisement (abandon de la taxe carbone, de la hausse du prix du gaz et de l'électricité, engagement d'un débat national...), est face à un choix délicat. D'abord celui qui consisterait à arrêter de reculer tout en levant le pied sur les réformes et de privilégier aussi un changement de méthode en appelant à l'implication des syndicats sur la question centrale du pouvoir d'achat. Cette option serait probablement accompagnée du maintien du premier ministre à son poste au moins jusqu'aux élections européennes au mois de mai, échéance qui n'est pas attendue avec optimisme par le pouvoir en place et les sondeurs. Une deuxième possibilité plus radicale et incidemment réclamée par Jean-Luc Mélenchon l'un des leaders de l'opposition de gauche, serait de renverser la table en provoquant la dissolution de l'assemblée nationale (comme Jacques Chirac en 2005) ou encore en organisant une consultation de type référendum. L'intervention sera en tout cas déterminante pour les gilets jaunes qui subordonnent la matière de la voix présidentielle à la poursuite de leur action.

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