L'Italie adopte son plan d'austérité

(© Tony Gentile)

Au lendemain du vote au Sénat italien, c'est la Chambre des députés qui a adopté vendredi le plan d'austérité prévoyant près de 48 milliards d'euros d'efforts budgétaires.

Le Parlement italien a donné vendredi son feu vert définitif à un plan d'austérité renforcé censé mettre le pays à l'abri de la crise de la dette et de l'attaque des marchés.

Après avoir été adopté au pas de charge jeudi par le Sénat, ce plan d'austérité de près de 48 milliards d'euros a été voté de manière définitive dans l'après-midi par la Chambre des députés avec 316 voix pour, 284 contre et 2 abstentions, une rapidité inédite dans l'histoire de l'Italie, et faisant évoquer un "miracle" au président de la République Giorgio Napolitano, pourtant ex-communiste.

Risques pour l'économie

L'Italie, attaquée par les marchés depuis une semaine, se devait d'accélérer l'adoption de ce plan car une propagation de la crise de la dette au pays pourrait mettre à genoux toute la zone euro dont la Péninsule est la troisième économie. L'Italie est prise pour cible en raison de son énorme dette publique de 1.900 milliards d'euros, représentant environ 120% du PIB, ce qui fait dangereusement grimper le coût de l'emprunt pour ce pays.

La Banque d'Italie, qui a relevé légèrement ses prévisions de croissance pour 2011, de 0,9% à 1%, a estimé qu'une poursuite de la crise de la dette aurait un "coût considérable". "La très grosse dette publique reste le point le plus vulnérable de l'économie italienne, particulièrement dans ce climat de forte incertitude et de crainte des marchés", a souligné, pour sa part, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn dans une interview à La Repubblica.

Protestations

Le plan d'austérité a cependant soulevé une tempête de protestations à l'intérieur du pays. "Ce plan est l'énième cochonnerie, il frappe les gens pauvres", a dénoncé vendredi, dans une interview au Corriere della Sera, Antonio Martino, ancien ministre de la Défense de Silvio Berlusconi. La présidente de l'organisation patronale Confindustria, Emma Marcegaglia, a pour sa part dénoncé un plan "fondé en substance sur une hausse des impôts".

Parmi les mesures destinées à réduire le déficit figurent le lancement d'un plan de privatisations en 2013, l'introduction d'un ticket modérateur, le gel des salaires et des embauches des fonctionnaires, une sévère réduction des déductions fiscales et des dotations des collectivités locales ainsi que des conditions plus sévères pour les retraites.

Sommet européen ou pas?

Evoquant la possibilité d'un sommet extraordinaire des pays de la zone euro dans les prochains jours, Oli Rehn a assuré que "d'intenses négociations étaient en cours sur les mesures à prendre en faveur de la Grèce et pour éviter la contagion". "Il reviendra au président (de l'Union européenne Herman) Van Rompuy de décider de la convocation ou non du sommet extraordinaire", a ajouté M. Rehn, soulignant cependant que "personne n'a de baguette magique et toutes les solutions présentent des avantages et des inconvénients".

L'Allemagne s'est déclarée opposée vendredi à l'organisation à tout prix d'un sommet européen dans les prochains jours, Berlin jugeant que la réunion ne "fait sens" que si un programme d'aide concret pour la Grèce y est adopté.

Réunion sur la Grèce

En parallèle, la réunion entamée jeudi à Rome entre les créanciers privés de la Grèce et des responsables européens pour tenter d'avancer sur la question de la participation du secteur privé au nouveau plan d'aide à Athènes a repris vendredi.

A Bruxelles, la Commission européenne s'est dite prête à accroître le montant de sa contribution au financement de projets d'infrastructures en Grèce afin d'aider à relancer l'économie nationale asphyxiée par la crise de la dette.

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