La BCE annonce la fin de son programme de soutien

La Banque centrale européenne (BCE) va racheter de la dette jusqu'à la fin de 2018 et devrait arrêter ensuite. Les taux restent inchangés. La BCE a, par ailleurs, abaissé sa prévision de croissance pour 2018, à 2,1% et relevé ses prévisions d'inflation à 1,7% pour 2018 et 2019.
  • Ce qu'il faut retenir

    → La BCE a déclaré à l'issue du Conseil des gouverneurs qu'elle réduirait à partir de septembre 2018 ses achats d'actifs à 15 milliards d'euros par mois, contre 30 milliards actuellement, jusqu'en décembre 2018, date à laquelle son QE prendra fin.

    → La banque centrale laissera en outre ses taux inchangés au moins jusqu'à la fin de l'été 2019 et aussi longtemps que nécessaire en fonction de l'évolution de la trajectoire d'inflation.

    "Jusqu'à la fin de l'été"?

    Lors de sa conférence de presse, Mario Draghi a expliqué que si l'expression "jusqu'à la fin de l'été" devait signifier septembre, le Conseil des gouverneurs aurait alors dit "septembre", ajoutant que cette formulation était volontairement imprécise. Autre signal jugé accommodant par le marché, la BCE a indiqué qu'elle continuerait de réinvestir pendant "une période prolongée" les retombées des dettes, acquises dans le cadre de son programme d'achat d'actifs, arrivant à maturité. La politique de réinvestissements sera discutée lors des prochaines réunions du Conseil des gouverneurs, a précisé Mario Draghi.

    La réaction des marchés:

    L'euro a initialement accru ses gains après ces annonces avant de se retourner rapidement à la baisse et d'effacer l'ensemble de sa progression. La devise unique a encore creusé ses pertes au cours de la conférence de presse de Mario Draghi. A 15h37, elle recule de 0,92% face au dollar, pour retomber à 1,1681, son plus bas niveau depuis le 5 juin.

    Le mouvement a été identique sur le rendement du Bund allemand à 10 ans qui a effacé ses gains et recule de deux points de base à 0,446% après un plus bas en séance à 0,435%. Il avait atteint plus tôt un pic à 0,513%.

    Le repli de l'euro a favorisé une nette remontée des Bourses en Europe, qui évoluaient dans le rouge avant les annonces de la BCE. L'indice Stoxx 600 gagne 0,74% et le Bel 20 prend 0,20%.

  • Les principaux extraits de la conférence de presse

    UNANIMITÉ SUR LA COMMUNICATION AVANCÉE

    "La tonalité générale de la décision a été d'être patient, prudent et persistant, et cela a été unanimement confirmé, donc la décision a été unanime..."

    PAS DE DISCUSSIONS SUR LES TAUX D'INTÉRÊT

    "Nous n'avons discuté de la question de savoir s'il fallait relever les taux et quand le faire".

    RÉFORMES STRUCTURELLES

    "La mise en oeuvre des réformes structurelles dans les pays de la zone euro doit être substantiellement accélérée pour renforcer la résilience, réduire le chômage structurel et améliorer la productivité de la zone euro et sa croissance potentielle."

    INFLATION SOUS-JACENTE

    "L'incertitude sur les perspectives d'inflation reflue. (...) A l'avenir, une reprise de l'inflation sous-jacente est attendue autour de la fin de l'année et par la suite elle augmentera graduellement sur le moyen terme."

    VOLATILITÉ DES MARCHÉS FINANCIERS

    "Le risque d'une volatilité persistante et plus élevée des marchés financiers vaut d'être surveillé."

    CONFIANCE SUR LA CONVERGENCE DE L'INFLATION

    "Le Conseil des gouverneurs a conclu que les progrès vers un ajustement durable de l'inflation sont importants jusqu'à présent."

    "Avec des anticipations d'inflation solidement ancrées à long terme, la vigueur sous-jacente de l'économie de la zone euro et la poursuite d'un ample degré d'accommodation monétaire donnent des raisons d'être confiants que la convergence durable de l'inflation vers notre objectif continuera dans la période à venir et sera maintenue même après de débouclement progressif de nos achats nets d'actifs."

    "Les derniers indicateurs économiques disponibles et les résultats des enquêtes sont plus faibles mais demeurent cohérents avec la poursuite d'une croissance économique solide et généralisée."

  • Une stimulation significative par la politique monétaire demeure nécessaire pour que les pressions sur les prix intérieurs continuent de s'édifier et pour soutenir l'évolution de l'inflation publiée à moyen terme.
    Mario Draghi
    Président de la BCE

  • La BCE moins optimiste sur la croissance, plus sur l'inflation

    La Banque centrale européenne(BCE) a annoncé jeudi avoir revu à la hausse sa prévision d'inflation pour la zone euro cette année tout en abaissant sa prévision de la croissance économique.

    La BCE, qui s'est fixée pour objectif une hausse des prix légèrement inférieure à 2% en rythme annuel, prévoit désormais qu'elle sera de 1,7% cette année, puis en 2019 et en 2020.

    En mars, elle prévoyait un chiffre de 1,4% seulement pour cette année; les prévisions 2019 et 2020 restent inchangées. Le relèvement de la prévision 2018 est lié principalement à l'envolée de plus de 60% des cours du pétrole depuis un an et au repli de l'euro face au dollar, deux évolutions qui alimentent l'inflation importée.

    Parallèlement, la BCE a abaissé sa prévision de croissance pour cette année à 2,1%, contre 2,4% attendu en mars. Elle table sur une croissance de 1,9% en 2019 et de 1,7% en 2020, des chiffres inchangés par rapport à mars.


  • LA BCE PRÉVOIT UNE INFLATION DE 1,7% DANS LA ZONE EURO EN 2018 (CONTRE 1,4% PRÉVU EN MARS)

  • LA BCE ABAISSE SA PRÉVISION DE CROISSANCE 2018 POUR LA ZONE EURO À 2,1% (CONTRE 2,4% PRÉVU EN MARS)

  • Le point sur les annonces de la BCE

    Les mesures annoncées par la BCE

    La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu'elle arrêterait à la fin de l'année d'acheter des obligations sur les marchés financiers et qu'elle ne relèverait pas ses taux directeurs avant la fin de l'été 2019.

    Les achats de dette réalisés dans le cadre du programme d'assouplissement quantitatif lancé en 2015, d'un montant global de 2.550 milliards d'euros, seront ramenés de 30 milliards par mois à 15 milliards entre octobre et décembre, puis seront définitivement interrompus, a précisé l'institution à l'issue de sa réunion de politique monétaire.

    Le Conseil des gouverneurs prévoit en outre que ses taux d'intérêt resteront à leur niveau actuel au moins jusqu'à la fin de l'été 2019 et "aussi longtemps que nécessaire" pour assurer que l'évolution de l'inflation reste conforme à son objectif, a-t-elle ajouté.

    Le taux de refinancement, principal instrument de la politique monétaire, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de dépôt à -0,4% et celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%.

  • La BCE ne touche pas à ses taux

    Les taux d'intérêt resteront à leur niveau actuel au moins jusqu'à la fin de l'été 2019 et en tous les cas aussi longtemps que nécessaire en fonction de l'évolution de la trajectoire d'inflation.

  • Le QE devrait se terminer fin 2018

    La Banque centrale européenne arrêtera à la fin de l'année son vaste programme de rachats de dette, pour peu que les données "confirment" la progression de l'inflation en zone euro, a-t-elle annoncé jeudi.

    Les achats nets de dette, actuellement menés au rythme de 30 milliards d'euros par mois, seront ramenés à 15 milliards d'euros à compter d'octobre puis s'arrêteront à fin décembre, a détaillé l'institution au terme de sa réunion tenue à Riga, en Lettonie.

  • La fin de l'argent facile sur les marchés? L'avis de William De Vijlder (BNP Paribas)

  • La Fed a relevé ses taux

    Mercredi, le Comité monétaire de la banque centrale américaine a relevé une nouvelle fois ses taux d'intérêt d'un quart de point de pourcentage (0,25%) pour les porter dans la fourchette de 1,75% à 2%. Ce tour de vis de la Fed est le second de l'année et deux nouvelles hausses de taux sont encore envisagées cette année.

  • Le QE est-il une réussite?

    En faisant baisser les taux, ce programme a facilité le financement des entreprises, des ménages et des Etats de la zone euro, permettant à ces derniers d'économiser des milliards d'euros sur la charge de la dette.

    Parallèlement, la croissance s'est solidifiée tandis que l'inflation a remonté sensiblement en zone euro, pour atteindre 1,9% au mois de mai, portée par les prix du pétrole et, de façon plus vertueuse, par un chômage au plus bas depuis neuf ans, à 8,5% en avril.

  • L'annonce de la sortie du QE?

    La Banque centrale européenne pourrait lever un long suspense ce jeudi. Elle pourrait parler de la fin de son programme de soutien à l'économie. A moins que les menaces sur la zone euro ne l'incitent à différer sa décision?

    Réunie à Riga, en Lettonie, la BCE aura en mains un nouveau jeu de prévisions macroéconomiques, au moment même où l'inflation en zone euro remonte (1,9% en mai) et se rapproche de son objectif à moyen terme, légèrement en dessous de 2%. Mais les voyants sont loin d'être tous au vert et la situation en zone euro se complique, entre coup de froid sur la conjoncture, tensions commerciales accrues et incertitude sur les intentions du nouveau gouvernement italien.

    Mario Draghi, le président de la BCE. ©Bloomberg

    La situation. Depuis des mois, les observateurs guettent avidement les modalités de sortie du "QE", les rachats de dette lancés en 2015, préalable à une première remontée "bien après" des taux directeurs, aujourd'hui à leur plus bas historique.

    Le Belge Peter Praet, principal économiste de la BCE, a nourri leurs espoirs mercredi dernier: optimiste sur la croissance et l'inflation, il a estimé que l'institution devrait évaluer jeudi "si les progrès réalisés jusqu'ici ont été suffisants" pour envisager un abandon "progressif" du QE.

    Le programme de soutien. L'"assouplissement quantitatif" ("quantitative easing" ou "QE") consiste pour la banque centrale à créer de la monnaie pour acheter sur le marché des emprunts d'État ou privés détenus par des investisseurs.  L'objectif est que ces derniers - des banques le plus souvent - réinjectent les liquidités qu'ils obtiennent en échange dans l'économie, en prêtant aux ménages et aux entreprises qui, à leur tour, doivent stimuler la croissance et l'inflation.

    Déjà diminué de moitié en janvier, ce programme se poursuit au rythme de 30 milliards d'euros par mois au moins jusqu'à septembre prochain, mais a porté à ce jour sur plus de 2.400 milliards d'euros et pourrait se heurter dans les prochains mois à ses limites techniques.

    Alors, quoi? S'il semble acquis que la BCE va discuter du QE, sa décision reste in fine incertaine: certains tablent sur l'indication d'un horizon fixe de fin des achats nets, d'autres sur un "arrêt flexible" laissant à la BCE de la marge en cas de revers conjoncturel, selon Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet Wealth Management.

    La BCE devrait par ailleurs réaffirmer que les taux d'intérêt vont rester à leur plus bas niveau "bien après" la fin des rachats nets d'actifs, laissant les analystes anticiper un premier tour de vis au plus tôt au second trimestre de 2019.

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