La "taxe Tobin" mise au frigo

La chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron s'apprêtant à donner une conférence de presse franco-allemande à l'issue du Conseil européen, vendredi. Ils n'ont pas abordé publiquement le sort des négociations sur la TTF. ©EPA

L’incertitude liée au Brexit rend impossible un accord rapide sur la taxe sur les transactions financières, a en substance indiqué Emmanuel Macron au sommet européen. Alors que la Belgique était pointée du doigt comme responsable du blocage de ce dossier, Charles Michel a eu la "clarification" qu’il espérait.

Le serpent de mer vient de sombrer dans les abysses: la taxe sur les transactions financières (TTF) ne refera pas surface de sitôt. Le président français Emmanuel Macron l’a exprimé de manière limpide à la table du Conseil européen, apprend-on à bonne source : compte tenu des questions que le Brexit pose sur l’accès aux marchés financiers, on ne peut parler de ce projet de taxe qu’en lien avec la négociation sur le Brexit. Autrement dit, il ne faut pas s’attendre à voir naître cette "taxe Tobin" avant la fin des négociations sur le Brexit…

Cela ne signifie pas forcément la fin des négociations entre les ministres des finances des dix pays qui travaillent sur ce projet de coopération renforcée, qui vise à taxer les transactions financières de 0,1% à 0,01% selon les produits. La prochaine réunion des ministres devra tenir compte de l’intervention d’Emmanuel Macron et du fait que personne autour de la table du conseil n’est intervenu pour le contredire. Cela n’empêcherait pas de poursuivre les discussions pour tenter de résoudre des difficultés techniques – la Belgique a notamment un problème avec la manière dont cette taxe pourrait toucher ses fonds de pension. Mais en tout état de cause, rien ne serait mis en oeuvre tant que le nouveau cadre du Brexit n’est pas établi.

La Belgique "blanchie"

Alors que les discussions s’enlisaient depuis des mois, la Belgique a été pointée du doigt comme étant la cause du blocage. Un procès public qui a ulcéré Charles Michel : le mois dernier à la Chambre, le Premier ministre s’en était pris à "l’hypocrisie" de certains États membres qui jetaient l’opprobre sur la Belgique tout en constatant en coulisses l’impossibilité de conclure en raison du Brexit. Il avait alors annoncé vouloir porter le dossier sur la table des chefs d’États et de gouvernement pour demander une "clarification". C’est ce qu’il a fait vendredi matin.

Emmanuel Macron, qui est le seul autour de la table à être intervenu pour lui répondre, a selon une source estimé que la "procrastination" sur ce sujet avait été collective et qu’en aucun cas le gouvernement belge n’en avait été responsable. Une source française confirme qu’Emmanuel Macron a abordé le sujet en ce sens, sans entrer dans les détails. Selon nos informations, MM. Michel et Macron se sont tous deux affichés en faveur d’une TTF, et ont plaidé pour qu’un plus grand nombre d’États y participent.

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