"Nous ne négocierons pas avec un couteau sur la gorge" (Charles Michel)

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Les dirigeants de l’Union européenne se sont montrés unis et ont réitéré leur intention de respecter l’accord nucléaire avec l’Iran, jeudi soir lors d’un dîner à Sofia.

Accord nucléaire avec l’Iran, déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, droits de douane sur l’acier… Dossier par dossier, les Vingt-huit ont examiné les décisions unilatérales prises récemment par le président des Etats-Unis, Donald Trump. Et les dirigeants européens ont fait preuve d'"une forte unité", a dit le Premier ministre Charles Michel: "il y avait une conscience partagée que la situation est sérieuse".

Les décisions unilatérales adoptées à l’emporte-pièce par le président américain ressoudent les Européens. "Nous avons fait preuve de détermination, de calme et de sang-froid", poursuit Charles Michel, "mais nous ressentons aussi un sentiment de tristesse de la manière dont nous traitent les Etats-Unis".

Règlement de blocage

L'armateur Maersk Tankers cesse ses activités en Iran après le retrait américain

L'armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers a annoncé jeudi la cessation de ses activités en Iran, après la décision de Washington de rétablir les sanctions contre Téhéran.

"Nous honorerons les accords conclus avec les clients avant le 8 mai et veillerons à ce qu'ils soient conduits à leur terme avant le 4 novembre, comme l'exigent les sanctions américaines", a indiqué le groupe.

Face à la menace proférée par Donald Trump de prendre des sanctions extraterritoriales contre les entreprises européennes en Iran, l’Union européenne envisage de mettre en œuvre un règlement de blocage contre ces sanctions.

"Nous ne négocierons pas avec un couteau sur la gorge", a ajouté le Premier ministre belge, "il y avait un consensus pour une réglementation européenne qui protège les entreprises européennes". Pour rappel, ce règlement de blocage avait été utilisé une première fois en 1996 pour contrer les sanctions extraterritoriales prises par les Etats-Unis contre les entreprises investissant à Cuba.

S’il s’agit de protéger les entreprises européennes et, éventuellement, d’adopter des compensations, il n’a pas été question à Sofia de prendre des mesures de rétorsion envers les entreprises américaines.

"Ne pas être naïf"

Pour autant, l’Union européenne ne compte pas entretenir une relation angélique avec l’Iran. Les Vingt-huit entendent poursuivre les discussions avec Téhéran sur les missiles balistiques. Et comme le rappelle le Premier ministre, "il ne faut pas être naïf, dès lors que nous soutenons cet accord avec l’Iran, nous devons dans le même temps avoir une relation claire avec l’Iran sur ses ingérences au Moyen Orient, en Syrie et au Liban".

"Il ne faut pas être naïf, dès lors que nous soutenons cet accord avec l’Iran, nous devons dans le même temps avoir une relation claire avec l’Iran sur ses ingérences au Moyen Orient, en Syrie et au Liban".
Charles Michel (MR)
Premier ministre

L’UE entend protéger ses intérêts économiques et refuse de mettre à néant les douze années de négociations de l’accord nucléaire, sans perdre de vue "qu’il y a des forces négatives en Iran", conclut Charles Michel.

Droits de douane sur l’acier

Sur la question des droits de douane que les Etats-Unis veulent imposer sur les exportations d’acier (25%) et d’aluminium (10%), les Européens sont aussi sur une même ligne. Donald Trump a exempté les Européens jusqu’au 31 mai, mais l’UE veut des exemptions permanentes avant de commencer à négocier avec les Etats-Unis. "Ou bien nous obtenons des exemptions, ou bien nous ne les obtenons pas. Dans ce cas, se posera la question de contre-mesures", dit Charles Michel en soulignant le fait que l'Europe doit "faire preuve de fermeté".

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