Traité transatlantique: la France dit stop

©REUTERS

Le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur a annoncé ce mardi matin que son gouvernement allait demander l'arrêt des négociations du traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe. Le président Hollande a par la suite approuvé cette décision.

Le terrain des négociations du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (plus couramment appelé TTIP ou Tafta) semble doucement se transformer en champ de mines. Alors que le vice-chancelier allemand Sigmard Gabriel annonçait ce week-end l'échec "de facto" des négociations, voilà que le gouvernement français, au travers de son secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl, s'apprête à retirer son soutien au processus.

"La France demande l'arrêt de ces négociations" a annoncé Matthias Fekl dans la matinale de la radio RMC. "Il n'y a plus de soutien politique de la France à ces négociations".

→ Les raisons de la France? Les Etats membres, qui sont représentés dans ces négociations par la Commission européenne, ne pèsent pas assez lourd face au géant américain. "Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes (...), ce n'est pas comme ça qu'entre alliés on doit négocier", s'est-il plaint, avant de poursuivre: "Les relations ne sont pas à la hauteur entre l'Europe et les USA".

La France a d'ores et déjà prévu de défendre sa position en septembre, lors d'une réunion des ministres chargés du commerce extérieur à Bratislava, a-t-il précisé.

Hollande confirme

"La France préfère regarder les choses en face et ne pas cultiver l'illusion qui serait celle de conclure un accord avant la fin du mandat du président des Etats Unis". Voilà ce qu'a annoncé le président François Hollande plus tard dans la journée, comme pour appuyer les propos de son secrétaire d'Etat.

"La négociation s'est enlisée, les positions n'ont pas été respectées, le déséquilibre est évident, alors le mieux c'est que nous en fassions lucidement le constat et plutôt que de prolonger une discussion qui sur ces bases ne peut pas aboutir, mieux vaut faire en sorte que nous puissions avertir les uns et les autres que la France ne pourra pas approuver un accord qui aura été ainsi été préparé sans les bases indispensables pour une conclusion positive", a-t-il continué.

Difficile d'imaginer que l'état des négociations se porte mieux après ces deux frondes successives, menées par les deux incontournables poids lourds européens que sont la France et l'Allemagne.

Néanmoins, ces deux interventions ne semblent pas vouloir fermer totalement la porte au libre-échangisme, mais suggèrent plutôt qu'il serait préférable de repartir à zéro: "Il faut un coup d'arrêt clair et définitif à ces négociations pour repartir sur de bonnes bases".

La Commission continue à y croire

Malgré ces récentes sorties,a commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström n'en démord pas. Si elle veut bien reconnaître que les négociations "ont été difficiles" refusent de dresser un constat d'échec. "Nous avions l'objectif et nous l'avons toujours (...) de conclure (les négociations) avant la fin du mandat Obama", a-t-elle affirmé, soucieuse de contredire les propos du président français. "Et si ce n'est pas possible, il est logique de faire le plus de progrès possible."

 


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