Un défaut intégral de la Grèce coûterait près de 10 milliards d'euros à la Belgique

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L’État belge est exposé à la dette grecque par le biais de ses prêts bilatéraux, de ses garanties au Fonds européen de stabilité, ainsi que de la BNB qui doit garantir l’exposition de la BCE à la Grèce.

Dans le pire des scénarios, la Grèce coûterait très cher à la Belgique. Si la crise politique grecque conduisait le pays à un défaut de paiement intégral de sa dette publique, l’État belge perdrait près de 10 milliards d’euros, selon une note que l’économiste Eric Dor (IESEG School of Management de Paris et Lille) a publiée mardi.

La Belgique est actuellement créancière de la Grèce par le biais de plusieurs mécanismes. Premièrement, dans le cadre du premier plan de sauvetage grec, en 2010, l’État belge a consenti des prêts bilatéraux à ce pays en difficulté financière à concurrence de 1,942 milliard d’euros. En 2011, la maturité de ces prêts a été allongée à 7 ans et demi, si bien que la Belgique reste aujourd’hui exposée à la Grèce à hauteur de ce montant.

Il faut y ajouter son exposition par l’intermédiaire du Fonds européen de stabilité financière (FESF). À partir de 2012, ce dernier a prêté 141,8 milliards d’euros à l’État grec. Cet argent, le FESF l’a emprunté sur les marchés grâce à la garantie des États membres de la zone euro. Cette garantie a été répartie entre les pays en fonction de leur participation au capital de la Banque centrale européenne (BCE) et en faisant abstraction de la part des États en difficulté financière (Grèce, Irlande, Portugal, Chypre). La part de la Belgique étant de 3,7313% dans les garanties apportées au FESF, l’État belge est exposé à concurrence de 5,291 milliards d’euros aux prêts que le Fonds a octroyés à la Grèce.

Ces deux formes d’exposition à la dette grecque — prêts bilatéraux et FESF — représentent déjà 7,233 milliards d’euros.

Mais il faut aussi tenir compte des dettes de la Grèce envers la Banque centrale européenne. Dans le cadre de l’eurosystème, la banque centrale grecque bénéficie d’un accès aux liquidités de la BCE. Compte tenu des besoins des banques commerciales grecques, la Banque de Grèce est actuellement endettée à hauteur de 41,7 milliards d’euros envers les autres banques centrales de l’eurosystème. "En cas de défaut de la Grèce, la BCE devrait répartir cette dette entre les différentes banques centrales", explique Eric Dor. "Une partie devrait être supportée par la Banque nationale de Belgique (BNB)." L’économiste l’évalue à 1,5 milliard.

En outre, la BCE est aussi exposée à la dette grecque via son programme d’achats d’obligations "SMP" (securities markets programme), qui l’a conduit à acquérir des obligations grecques à concurrence de 30 milliards d’euros. La valeur actuelle de ces titres détenus par la BCE serait de 20 milliards d’euros au moins, selon les économistes. À l’aide de la même clé de répartition, la Belgique devrait assumer quelque 700 millions d’euros en plus dans ce cadre.

En tout, la Belgique perdrait donc 9,433 milliards d’euros si la Grèce faisait défaut. "Mais c’est le pire scénario, qui suppose un défaut à 100%", nuance Eric Dor. Un arrangement avec les créanciers pourrait au contraire aboutir à un défaut partiel.

L’exposition des banques belges à la Grèce est aujourd’hui insignifiante. La Belgique est par contre aussi exposée aux autres pays ayant bénéficié d’une aide financière européenne. En cas de contagion de la crise, sa perte potentielle augmenterait encore…

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