Une taxe sur le plastique pour renflouer le budget de l'Union

La Commission européenne souhaite instaurer une taxe sur les plastiques. ©BELGA

Le commissaire allemand Günther Oettinger veut instaurer une taxe sur les plastiques à l'échelle de l'Union européenne. Le but: les recettes générées alimenteraient directement le budget communautaire.

La Commission européenne veut instaurer une taxe sur les plastiques à l’échelle de l’Union et voudrait que les recettes générées viennent directement alimenter le budget communautaire. Le commissaire allemand Günther Oettinger avait déjà plaidé en septembre dans une interview à L’Echo pour rapatrier au niveau européen l’argent généré par le système européen de droits d’émissions de CO2 (ETS) ou encore mettre en place une taxe carbone européenne.

25 milliards €
Le départ du Royaume-Uni et les nouvelles missions de l’UE vont créer un "trou" de 25 milliards par an dans le budget communautaire. La taxe sur le plastique serait un des éléments qui viendraient le combler.

Mercredi, à l’issue de la première réunion de l’année du collège des commissaires, il avance donc une nouvelle proposition: "Une taxe sur les plastiques comme nouvelle source de recettes pour le budget de l’UE et pour réduire les déchets". Il n’a pas donné de détails sur cette taxe: "Nous devons évaluer quelle approche serait la meilleure: que les fabricants paient au début du cycle de production ou que le paiement ait lieu à la fin de la chaîne de consommation."

La Chine ferme la porte

En septembre, le vice-président de la Commission Frans Timmermans avait indiqué qu’une taxe sur les déchets plastiques "ne serait pas durable". "La seule méthode durable est de créer du plastique recyclable", avait-il indiqué au Guardian.

Sans faire référence à cette position, le commissaire au Budget a défendu la nécessité de cette taxe par le fait que depuis le 1er janvier, la Chine a fermé son marché aux déchets plastiques. La Chine représentait l’an dernier la moitié des importations mondiales de déchets plastiques et cette décision force l’Union à réduire drastiquement sa consommation.

"La seule méthode durable est de créer du plastique recyclable."
Frans Timmermans
vice-président de la Commission européenne

Le départ du Royaume-Uni et les nouveaux chantiers confiés à l’Union en matière de sécurité, de défense et de gestion migratoire exigent selon la Commission européenne de dégager 25 milliards d’euros par an. La Commission propose de compenser le volet "Brexit" pour moitié par des coupes dans la structure budgétaire existante (la Politique agricole commune et la politique de cohésion, notamment, mais pas Erasmus et pas la recherche) et pour moitié par de nouveaux financements des États membres. Quant aux "nouvelles missions" de l’Union, Gunther Oettinger plaide pour les financer à 20% par des coupes dans d’autres segments et à 80% par des revenus additionnels. Les États financent le budget de l’UE à hauteur de 1% du PIB environ. La Commission plaide pour faire passer ce pourcentage entre 1,1 et 1,2%.

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