Zone euro: le sommet est reporté

Herman Van Rompuy (© Christophe Licoppe)

Herman Van Rompuy veut convoquer un sommet extraordinaire rapidement. Le but? Tenter d'éviter la contagion de la crise de la dette à l'Italie et l'Espagne et définir une riposte coordonnée. Mais pour l'instant, rien de concret ne se profile. Mercredi, on disait la tenue d'un tel sommet "très improbable", de source diplomatique. Il se tiendrait plutôt en début de semaine prochaine.

'Europe se retrouve sous intense pression pour stopper la propagation de la crise de la dette après la dégradation de la note de l'Irlande. Mais les divergences de la zone euro sur la réponse à la crise de la dette se sont encore accentuées mercredi, notamment entre Paris et Berlin, avec le report probable d'un sommet extraordinaire sur la crise de la dette envisagé un temps pour vendredi.

L'option d'une telle réunion à l'initiative du président de l'UE Herman Van Rompuy, visant à frapper fort en vue d'apaiser les marchés financiers alors que l'Union monétaire vacille sur ses fondements douze ans après sa création, avait filtré mardi. Mais il est vite apparu qu'elle ne faisait nullement l'unanimité, l'Europe replongeant dans la cacophonie et l'indécision.

"Il est très, très improbable que la réunion ait lieu vendredi", selon une source diplomatique. Elle devrait être repoussée au mieux "en début de semaine prochaine", le temps de surmonter les clivages persistants.

L'Allemagne notamment réclame une participation substantielle des créanciers privés de la Grèce - les banques, les assurances et les fonds de pension - au nouveau plan de sauvetage du pays. Mais devant le scepticisme des agences de notation, qui pourraient l'interpréter comme un défaut, ce scénario paraît de plus en plus compromis.

Selon le quotidien "Handelsblatt" de jeudi, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble reconnaît d'ailleurs sa défaite sur cette question en interne même si, en public, il persiste à réclamer une forte participation du privé.

Les agences de notation nerveuses

L'Union monétaire ne connaît aucun répit. Après le début de contagion de la crise à l'Italie et l'Espagne en début de semaine, l'agence de notation Moody's a enfoncé le clou mardi soir en abaissant d'un cran la note de la dette de l'Irlande, considérée désormais comme un investissement "spéculatif" et donc à très haut risque. La sanction des marchés mercredi ne s'est pas fait attendre. Les taux d'intérêt exigés par les investisseurs pour prêter de l'argent à Dublin sur 10 ans ont dépassé les 13%, soit le plus haut niveau enregistré depuis la création de la zone euro en 1999.

Mercredi, c'est Fitch qui a dégradé la note souveraine de la Grèce de trois crans, à CCC, contre B+ auparavant, en l'absence d'un nouveau plan d'aide "crédible et financé" de l'UE et du FMI à ce pays en proie à de graves difficultés.

Pour le gouverneur de la Banque d'Italie et futur président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, le problème est général. "La solvabilité des Etats souverains n'est plus un fait acquis mais doit être gagnée sur le terrain", a-t-il averti mercredi.

Il devient donc urgent pour les dirigeants de la zone euro de régler le problème à l'origine de la récente poussée de fièvre: la finalisation du deuxième programme de prêts promis à Athènes pour mettre le pays à l'abri jusqu'à mi ou fin 2014.
Les pays de l'Union monétaire ont pris "l'engagement de ne pas laisser tomber la Grèce ou tout autre pays", a assuré le ministre belge des Finances, Didier Reynders.

Pas de Sommet vendredi mais une réunion de l'Ifi jeudi sur la Grèce

Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, cherche à forcer une décision sur la Grèce et envisageait pour cela de convoquer un sommet des dirigeants des pays de l'Union monétaire vendredi. Mais la tenue d'un tel sommet vendredi devrait être repoussé au plus tôt en début de semaine prochaine. Pour des raisons logistiques d'organisation de la réunion, en premier lieu, le délai paraît à présent trop court. Surtout, sur le fond, les pays européens ne sont pas encore suffisamment proches d'un accord sur les moyens de renflouer la Grèce pour une réunion au plus haut niveau dès vendredi, a souligné cette source.

La participation du secteur privé au futur plan d'aide à la Grèce n'est "pas une bonne idée", a ainsi estimé la ministre des Finances espagnole Elena Salgado dans un entretien au Süddeutsche Zeitung paru jeudi.

En revanche, l'idée de donner les moyens à la Grèce de racheter une partie de sa propre dette sur les marchés, pour la réduire, progresse. Elle atteint quelque 160% de son Produit intérieur brut. Ce serait une avancée majeure car cette option était jusqu'il y a peu taboue pour Berlin.

L'Institut de la finance internationale (Ifi) tient jeudi à Rome une réunion sur la crise de la dette grecque. L'organisme bancaire, qui supervise les négociations sur un plan grec pour le compte de banques exposées à la dette souveraine de la Grèce, rencontrera Vittorio Grilli, directeur général du Trésor italien et président de la Commission économique et financière (EFC de la zone euro).
Une réunion semblable s'était tenue à Rome le 7 juillet pour évoquer les modalités d'une participation du secteur privé dans la résolution de la crise grecque sans que cela ne soit considéré comme un défaut de crédit par les agences de notation.

 

Emission RTL+: "La contagion de la dette publique". (12/07/2011)

Invité: Serge Quoidbach, journaliste à L'Echo

 

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