Allemagne: les détails de l'accord entre Merkel et le SPD

La CDU/CSU d'Angela Merkel et le SPD de Martin Schulz se sont mis d'accord pour former une coalition. ©EPA

La chancelière allemande Angela Merkel et les sociaux-démocrates sont parvenus à un accord après une longue nuit de négociations. Renforcer la zone euro, limiter le nombre de réfugiés à 200.000 par an, création d'un Fonds monétaire européen... voici les détails du compromis entre la CDU et le SPD.

Fin de l'incertitude politique en Allemagne. La chanclière allemande Angela Merkel et les sociaux démocrates ont trouvé un accord ce vendredi matin, après 24 heures d'intenses négociations, en vue de former un nouveau gouvernement de coalition.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a salué le compromis de coalition: "positif" pour l'avenir de l'UE. "Je suis complètement satisfait", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Sofia concernant "la partie européenne des accords" entre la CDU/CSU et le SPD. C'est "une contribution positive, constructive, orientée vers le futur", a-t-il ajouté.

12 ans
Chancelière
C'est le nombre d'années durant lesquelles Angela Merkel a dirigé l'Allemagne.

Ce compromis entre la CDU/CSU d'Angela Merkel et le SPD de Martin Schulz a été approuvé par la direction des sociaux-démocrates. Reste aux instances du parti conservateur d'approuver la coalition. 

Angela Merkel était arrivée en têtes des élections législatives du 24 septembre dernier, mais sans majorité absolue, l'obligeant ainsi à former une coalition. Cet accord entre les deux formations ouvre la voie à des négociations "formelles" pour fixer les modalités de la coalition dans les prochaines semaines. 

L'élue CDU Dorothee Bär a confirmé l'accord en publiant une photo du document sur Twitter. 

Le parti de Martin Schulz, le SPD, qui a subi un cuisant revers lors des élections, refusait dans un premier temps de prolonger la "grande coalition" qui dirigeait le pays depuis 2013. Il était question pour le SPD de retourner dans l'opposition.

L'impossible entente entre la CDU/CSU, les libéraux (FDP) et les écologiste a amené les sociaux-démocrates à revenir à la table des négociations. 

Nouvel exécutif pour fin mars au plus tôt

Cet accord entre les deux partis assure la survie politique de Merkel avec un quatrième mandat, après douze années au pouvoir. Rappelons toutefois que rien n'est encore définitif, du côté des sociaux-démocrates, la décision d'entrer dans ce nouveau gouvernement avec les conservateurs devra recevoir le feu vert des délégués du parti, lors d'un congrès extraordinaire le 21 janvier prochain.

Si tout va bien, le nouveau gouvernement allemand entrera en fonction pour la fin mars, bien que toute l'Europe s'impatiente. Cette dernière fait partie des exigences du SPD: "Si nous acceptions de rentrer au gouvernement, ce ne serait qu'à la condition de renforcer l'Europe", avait insisté Martin Schulz jeudi. 

Les points de l'accord

→ L'accord de gouvernement, que le Handelsblatt publie en intégralité, prévoit de "renforcer" et "réformer" la zone euro avec la France pour la rendre plus résistante aux crises. "Nous voulons une étroite collaboration avec la France, renforcer durablement et réformer la zone euro", pour qu'elle puisse "mieux résister aux crises", indique le document. 

→ Le gouvernement entend aussi limiter le nombre de réfugiés à environ 200.000 par an, avec une flexibilité vers le haut. "Les chiffres de l'immigration (y compris les réfugiés de guerre, ceux concernés par le rapprochement familial, la réinstallation et en faisant la soustraction avec ceux quittant le pays) ne dépasseront pas 180.000 à 220.000 annuellement."

→ Les deux partis se sont mis d'accord sur une forte limitation du regroupement familial, avec un maximum de 1.000 personnes/mois pouvant prétendre à ce dispositif. De nouvelles conditions d'accueil pour les réfugiés vont aussi être mises en oeuvre: le versement d'une aide financière ne sera plus systématique mais il s'agira, parfois, d'une aide matérielle.

"Si nous acceptions de rentrer au gouvernement, ce ne serait qu'à la condition de renforcer l'Europe."
Martin Schulz
président du SPD


→ Les deux partis promettent de ne pas augmenter les impôts. "Nous sommes tombés d'accord sur l'objectif d'un budget équilibré sans nouvelle dette", indique le document, qui stipule une suppression progressive "de l'impôt de solidarité". Cet impôt avait été institué après la réunification de 1990 pour aider les Länder de l'Est. 

→ Concernant l'Europe, le document se prononce en faveur de la création d'un Fonds monétaire européen, issu du fonds de secours existant pour les pays en crise (MES). L'idée de ce fonds n'est pas neuve, l'ancien ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble l'ayant longtemps défendue.

→ Le document se dit prêt à augmenter la contribution de l'Allemagne dans le budget de l'UE, et se prononce pour une poursuite de l'intégration européenne dans les domaines de la Défense ou de la politique d'immigration.

Angela Merkel promet un "nouveau départ" en Europe. "Le monde ne nous attend pas, nous avons besoin d'un nouveau départ en Europe", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Berlin, promettant que l'Allemagne "allait trouver des solutions avec la France" pour atteindre cet objectif.

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