Martin Selmayr, l'éminence grise mise au rancart

Martin Selmayr ©REUTERS

Le très controversé secrétaire général de la Commission européenne, l'Allemand Martin Selmayr, quittera son poste à la fin de la semaine prochaine et ne sera pas remplacé avant l'entrée en fonction d'Ursula von der Leyen.

S’il met les voiles, ce n’est officiellement pas en raison de la controverse qui a entouré sa nomination, mais plus prosaïquement de sa nationalité. Martin Selmayr, l’homme de l’ombre le plus célèbre d’Europe, est Allemand. Et il quittera son poste de secrétaire général de la Commission européenne "à la fin de la semaine prochaine", selon ses propres dires, pour laisser la voie libre à sa compatriote Ursula von der Leyen. Cette dernière avait indiqué lundi à des députés qu’elle entendait se passer de Martin Selmayr si elle était confirmée à la tête de la Commission: "Il y a une règle non écrite qui fait que l’on ne peut pas avoir deux personnes de la même nationalité en position de pouvoir à la Commission européenne", avait-elle déclaré devant des élus de sa famille politique.

"On ne peut pas avoir deux personnes de la même nationalité en position de pouvoir à la Commission."

Martin Selmayr, membre du CD&V et ancien chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, avait été promu à la surprise générale en février 2018 pour prendre la tête de l’administration de la Commission. Un étonnement rapidement doublé d’indignation, alors que le quotidien français Libération révélait la séquence de ce qui deviendra le Selmayrgate.

En quelques minutes, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker avait été successivement nommé secrétaire général adjoint, puis secrétaire général, sans qu’une vacance de poste n’ait été publiée et à la surprise de certains des commissaires à qui il était demandé d’adopter la décision. La médiatrice de l’Union estimera que par cette promotion, la Commission avait "peut-être dépassé les limites de la légalité".

Le Parlement européen, de son côté, votera à une très large majorité une résolution demandant la démission de Martin Selmayr, dont le maintien à ce poste causait "préjudice" à "la réputation de l’Union dans son ensemble". Jean-Claude Juncker avait indiqué que le maintien de son bras droit à la tête de cette administration de 33.000 personnes dépendrait de son successeur – sa successeure, donc. 

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