Percée des partis europhobes en vue aux Européennes de mai 2019

Bien qu’il ne se dise pas d’extrême droite, le fondateur du M5S, Beppe Grillo, adopte une posture de plus en plus fasciste dans ses discours, en particulier à l’égard de l’islam et de la migration. ©REUTERS

Une compilation des sondages pour les élections européennes de mai 2019 prévoit un recul des partis classiques, à l’exception des libéraux, au profit de l’extrême droite.

Les partis europhobes ont le vent en poupe, alors que Steve Bannon, le gourou déchu du président Donald Trump, débarque à Bruxelles pour tenter de les fédérer. Une compilation des sondages les plus récents, réalisée par l’agence britannique Reuters, prévoit leur percée significative aux élections de mai 2019.

Le groupe politique Europe des nations et des libertés (ENL), où l’on retrouve le Vlaams Belang, le Front national français, le FPÖ autrichien, le PVV néerlandais et la Ligue du Nord, profiteraient le plus de la vague europhobe agitant l’Europe. ENL passerait de 35 à 63 sièges dans le prochain hémicycle.

Les partis d’Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD), d’où est issu le Ukip de Nigel Farage, obtiendraient 59 sièges contre 45 aujourd’hui. On y retrouve le parti populiste M5S, au pouvoir en Italie. Bien qu’il ne se dise pas d’extrême droite, le fondateur du M5S, Beppe Grillo, adopte une posture de plus en plus fasciste dans ses discours, en particulier à l’égard de l’islam et de la migration.

ENL et EFDD atteindraient ensemble 122 sièges sur les 705 que comptera le Parlement après les élections de mai, soit près de 20%. Ils atteignent aujourd’hui 80 sièges sur les 751 que compte l’assemblée.

Le départ des élus du Royaume-Uni n’affaiblirait pas les rangs des eurosceptiques au Parlement, comme certains l’escomptent. Cette perte est davantage compensée par le succès remporté aux législatives en Italie par le M5S et la Ligue du Nord, en Autriche par le FPÖ et en Allemagne par l’émergence de l’AfD (Alternative für Deutschland).

On peut ajouter à leur côté les indépendants, inclassables et à la rhétorique antieuropéenne ultra-violente. Ils devraient passer de 21 à 13 aux prochaines élections.

Recul des démocrates, montée des libéraux

Les premiers à pâtir de cette montée en puissance seront le PPE (démocrates chrétiens), qui passerait de 219 à 180 députés et le S&D (sociaux démocrates), de 189 à 154 élus. Avec 334 sièges sur 705, la coalition PPE–S&D perdrait sa majorité, de 408 élus sur les 751.

122
Les partis anti-UE pourraient décrocher 122 sièges lors des élections européennes, ce qui représente près de 20% de l’hémicycle.

Les Verts reculeraient de 52 à 34 sièges, ce qui en ferait le plus petit groupe du Parlement. L’ECR (alliance réformiste européenne), où l’on retrouve la N-VA, passerait de 71 à 42 élus. Par contre l’ADLE (libéraux) dirigé par Guy Verhofstadt, monterait de 68 à 104 députés avec l’arrivée des députés En Marche d’Emmanuel Macron. La gauche radicale passerait de 51 à 56 élus.

Les europhobes intégrés chez les modérés

Le FPÖ, la Ligue du Nord et le M5S, aux commandes dans leurs pays, suivent une stratégie de déstabilisation basée sur la migration, malgré la chute des arrivées de migrants à des niveaux antérieurs à la crise de 2015. Mais l’euroscepticisme n’est pas l’apanage de l’extrême droite. Des partis nationaux europhobes, souvent au pouvoir, sont intégrés dans des familles plus modérées. Le PiS polonais, en prise avec la Commission européenne pour violation de l’État de droit, fait partie de l’ECR. Le parti populiste Fidesz du Premier ministre hongrois Vi

©EPA

ktor Orban, en guerre contre Georges Soros, le libéralisme et finalement l’UE, fait partie du PPE.

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