Ursula von der Leyen sous les fourches caudines du Parlement européen

©REUTERS

La candidate allemande à la présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devra se montrer très convaincante devant les députés européens si elle veut l’emporter.

Ursula von der Leyen devrait être fixée mardi soir. La ministre allemande de la Défense, désignée par le Conseil européen à la présidence de la Commission, sera à Strasbourg le 16 juillet pour défendre sa candidature devant le Parlement. Après une présentation et un débat en matinée, les eurodéputés se prononceront vers 18h par un vote secret.

Propulsée en dernière minute dans l’antichambre du poste le plus puissant de l’UE par un consensus entre les Vingt-huit, Ursula von der Leyen devrait rallier les 376 voix nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Un tel score serait, toutefois, un handicap pour l’Allemande. Une majorité trop fragile pour faire passer des réformes importantes durant les cinq années de la législature.

"C’est l’heure du grand marchandage."
un diplomate européen

Les trois premières formations du Parlement devraient former une tripartite et lui apporter leur soutien. En théorie, du moins.

L’heure du marchandage

Le PPE, son parti, très discipliné, lui assure le soutien de ses 182 députés. "Pour les autres partis, c’est un peu plus compliqué. C’est l’heure du grand marchandage", dit un diplomate européen. La plupart des 154 députés sociaux démocrates (S & D) devraient la soutenir, pour autant qu’elle s’engage "concrètement" et "par écrit" sur plusieurs points, lit-on dans une lettre envoyée vendredi à von der Leyen par la présidente du groupe S & D, Iratxe Garcia. La missive dresse une liste de requêtes sur le budget, le climat, les migrations, avec des exigences de financements.

Les socialistes reprochent aux Vingt-huit d’avoir mis de côté la procédure du "spitzenkandidat" pour désigner leur candidate de manière peu transparente le 2 juillet dernier, "ce qui n’est pas un bon message pour les électeurs européens".

Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez étant une des chevilles ouvrières de l’accord au sein du Conseil, les débats pourraient être tendus dans la famille de centre gauche. Le Néerlandais Frans Timmermans, "spitzenkandidat" du S & D, pourrait profiter de la moindre faille pour revenir au premier plan.

Les libéraux ("Renew Europe") ont, eux aussi, fait part de leurs exigences à la candidate démocrate chrétienne. Leur chef de file, Dacian Ciolos, lui a envoyé une lettre jeudi. RE exige, entre autres, que la commissaire libérale Margrethe Vestager se retrouve sur le même pied que Frans Timmermans au sein de la prochaine Commission. Les libéraux réclament aussi un objectif climatique plus ambitieux que les 40% de réduction des gaz à effet de serre en 2030, en proposant 55%. Ursula von der Leyen avait suggéré un objectif de 50%.

Si la candidate du Conseil européen ne convainc pas, le vote sera reporté à la session parlementaire de septembre prochain. Mais cette hypothèse est faible, tant il serait surprenant de voir les élus déroger au principe de la logique de parti.

Les Verts voteront contre

Les 75 élus écologistes ont été clairs. Ils voteront contre la candidature d’Ursula von der Leyen, les objectifs climatiques, environnementaux et en matière d’état de droit étant insuffisants. Les conservateurs et réformistes (ECR), au nombre de 62, sont encore divisés sur la question.

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