Viktor Orban perd Budapest

Gergely Karacsony, nouveau maire de Budapest, est pro-européen et de sensibilité écologiste. ©REUTERS

L'opposition hongroise a remporté, à Budapest, son plus grand succès électoral depuis dix ans en devançant le candidat du Fidesz lors des municipales. Qu'est-ce que cela change pour Viktor Orban?

Les adversaires du Premier ministre hongrois Viktor Orban ont remporté une victoire surprise en s'emparant de la mairie de Budapest tenue par le parti ultraconservateur au pouvoir. Celui-ci essuie son premier revers électoral en près de dix ans.

Orban, le modèle des droites nationalistes

Orban est accusé d'avoir porté atteinte à l'État de droit et à l'équilibre des pouvoirs en Hongrie tout en devenant le modèle des droites nationalistes en Europe et outre-Atlantique avec ses postures véhémentes contre les migrants.

 

 

C'est l'élu de centre gauche Gergely Karacsony, candidat commun de plusieurs formations d'opposition, qui l'emporte face au maire sortant et candidat du pouvoir Istvan Tarlos. Celui-ci dirigeait la capitale hongroise depuis 2010. Selon un décompte encore partiel, Karacsony, 44 ans, empoche 50,6% des voix contre 44,2% pour Tarlos, 71 ans.

Le nouveau maire de Budapest, pro-européen et de sensibilité écologiste, a salué une "victoire historique". Notons que l'opposition réalise également une meilleure performance qu'attendu en province, où elle l'emporterait dans 10 des 23 principales villes du pays quand elle n'en détenait que quatre jusqu'alors.

Le Fidesz reste largement majoritaire dans les zones rurales et les communes de taille moyenne.

Qu'est-ce que ces résultats changent?

Orban a estimé que son parti le Fidesz devait tenir compte de ces résultats et apporter des ajustements à sa politique, mais sans donner plus de détails.

Nous ramenons Budapest en Europe. Budapest sera verte et libre.
Gergely Karacsony
Nouveau maire de Budapest

Les résultats du scrutin ne vont cependant pas nuire au contrôle exercé au niveau national par le Premier ministre Viktor Orban, arrivé au pouvoir en 2010, alors que son gouvernement est porté par une croissance économique solide et une rhétorique anti-immigration intensive qui séduit notamment l'électorat rural. Mais les adversaires de Viktor Orban ont pu montrer que le Premier ministre, largement réélu pour un troisième mandat d'affilée au printemps 2018, n'est pas imbattable.

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