Accord en Allemagne sur la sortie du charbon

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L’État fédéral et les Länder concernés par l’exploitation du charbon se sont mis d’accord sur un calendrier et sur les modalités de la sortie du charbon. Les dernières centrales à charbon pourraient fermer en 2035, trois ans plus tôt que prévu.

En Allemagne, un tiers de la production d’électricité est lié au charbon ou au lignite (19% du total), ce charbon brun de piètre qualité et particulièrement polluant. Face à la pression de la rue, avec le succès des manifestations Friday for Future, le gouvernement avait décidé en janvier 2019 la sortie du charbon, d’ici 2038. Jeudi, l’Allemagne s’est enfin dotée d’un calendrier pour encadrer cette sortie et a communiqué le montant des indemnités - 40 milliards d’euros - qui seront versées à la filière pour l’arrêt des centrales.

Après des mois de négociations, "la sortie progressive du charbon débute maintenant", s’est félicitée la ministre de l’Environnement, la sociale-démocrate Svenja Schulze. La fermeture des centrales à charbon est l’une des mesures qui doit permettre à l’Allemagne de réduire d’ici 2030 ses émissions de CO2 de 55% par rapport à 1990, conformément au plan climat présenté fin septembre par le gouvernement.

"La sortie progressive du charbon débute maintenant."
Svenja Schulze
Ministre allemande de l’Environnement

Quatre Länder abritent des bassins miniers: la Rhénanie-du-Nord-Westphalie à la frontière avec la Belgique à l’ouest, le Brandebourg, la Saxe et la Saxe-Anhalt en ex-RDA, ces trois régions n’exploitant que du lignite. Ces quatre Länder bénéficieront d’une aide fédérale de 14 milliards d’euros, en vue de soutenir le développement d’une économie locale de substitution.

Le reste - 26 milliards - sera versé sous forme de mesures d’accompagnement aux différents acteurs du secteur. Les énergéticiens toucheront ainsi 4,35 milliards: RWE, qui exploite les bassins rhénans, empochera 2,6 milliards d’indemnités; les centrales de l’est du pays, aux mains de Milbrag, la filiale du groupe tchèque EPH, toucheront, elles, 1,75 milliard.

Un "fonds d’indemnités" pour la reconversion des salariés du secteur pourrait être également versé jusqu’en 2043. "Nous pensons qu’à court terme, 3.000 emplois seront supprimés. D’ici 2030, le total sera porté à 6.000. Le nombre de salariés employés dans nos dispositifs de charbon brun va chuter de plus de 60% en 10 ans", a déclaré Martin Schmitz, président de RWE.

Les industriels redoutent eux une hausse du prix de l’électricité, même si le gouvernement s’est voulu rassurant sur ce point, assurant que les entreprises à forte consommation d’électricité auraient accès à des subventions à compter de 2023. Le montant de ces indemnités n’a pas été précisé. L’inquiétude des industriels est d’autant plus vive que Angela Merkel avait déjà décidé en 2011 de fermer toutes ses centrales nucléaires d’ici 2022 et que le développement des énergies renouvelables, soutenu par Berlin, est poussif.

Côté centrales, le calendrier des fermetures prévoit l’arrêt d’une première centrale au lignite à Garzweiler, exploitée par RWE à l’ouest du pays en décembre 2020 et met fin à l’autorisation d’exploiter le charbon se situant sous la forêt de Hambach, à l’ouest du pays, occupée par des militants écologistes et devenue le symbole de la résistance au charbon. Le rythme des fermetures doit ensuite s’accélérer pour une sortie définitive du charbon en 2038, voire trois ans plus tôt, en 2035, en fonction des bilans d’étapes qui seront dressés en 2026 et 2029.

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