Amsterdam et Airbnb signent un pacte pour black-lister les loueurs qui exagèrent

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Le site va traquer les locations d’hébergement excédant soixante jours par an.

Fidèle à son image de tolérance, la ville d’Amsterdam a négocié un accord unique en son genre avec Airbnb pour mettre le holà à l’expansion sauvage de location de meublés via Internet sans recourir à la manière forte. À l’opposé des lourdes amendes infligées au site américain par la mairie de Barcelone pour non-respect de la législation, la capitale néerlandaise et la direction de Airbnb ont trouvé un terrain d’entente pour lutter ensemble contre les effets pervers de cette offre d’hébergement sur Internet. Valable deux ans, l’accord se met en place dès janvier prochain.

60 nuits/an
Selon l’accord signé entre la ville d’Amsterdam et Airbnb, aucun appartement proposé sur le site ne pourra être loué plus de 60 nuits par an.


Avec une offre pléthorique de 14.000 logements proposés en location dans la capitale néerlandaise par Airbnb l’année dernière, le premier objectif de la mairie est de faire la chasse aux hôtels illégaux qui font de l’ombre aux établissements ayant pignon sur rue. Sans compter les problèmes d’hygiène et de sécurité de ces hébergements échappant à tout contrôle.

Compte à rebours

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Du coup, aucun appartement proposé sur le site ne pourra être loué plus de soixante jours par an. Concrètement, Airbnb s’engage pour la 1ère fois à traquer les annonces de location offertes par les "particuliers" sur son site. Désormais filtré, le site fera systématiquement disparaître les hébergements ayant été occupés au-delà des soixante jours fixés. En signe d’avertissement aux loueurs, un "compte à rebours" faisant état de l’occupation des lieux par des tiers sur l’année en cours, sera affiché à chaque offre.

Autre signe de la bonne volonté d’Airbnb, son engagement à communiquer régulièrement à la mairie des données sur l’occupation des logements afin de détecter d’éventuels abus tout en garantissant l’anonymat des loueurs.

Allô, tapage nocturne!

Le deuxième objectif de l’accord vise à réduire les troubles de voisinage engendrés par ces locations sauvages d’hébergement. Ainsi, la mairie entend limiter à 4 personnes par nuit le nombre maximum d’occupants autorisés à séjourner dans une location meublée. L’information sera relayée aux utilisateurs du site. Enfin, un "numéro vert" accessible 24h/24 va être mis à la disposition du public afin de dénoncer les occupations intempestives.

Judicieuse, cette attitude tolérante de la ville néerlandaise lui garantit par ailleurs la manne qu’Airbnb lui procure dans ses caisses. Des chiffres avancent que la mairie va percevoir cette année 8,5 millions d’euros au titre d’impôts versés par les loueurs, contre 5,5 millions d’euros l’année dernière.

A Londres, ce sera 90 jours

La plateforme de location en ligne américaine va utiliser le même principe à Londres. A partir du printemps 2017, une limite de 90 jours par an à la durée de location des logements sera mise en place.

Airbnb est dans le collimateur de nombreuses agglomérations à travers le monde, ainsi que de l'industrie du tourisme qui estime que le succès de ces sites de location en ligne non soumis aux mêmes contraintes légales et fiscales représente une concurrence déloyale.

A Barcelone, la mairie a annoncé fin novembre son intention de sanctionner Airbnb et son concurrent HomeAway à hauteur de 600.000 euros chacune, pour avoir loué des logements sans les autorisations nécessaires.

En octobre, l'Etat de New York avait entériné un texte qui augmente les amendes pour les personnes louant leur logement entier pour moins de 30 jours.

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