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Brexit, pizzas et Roy d'Espagne

©AFP

Les négociations du Brexit sont toujours dans l'impasse. Le sommet de mercredi soir s'est terminé par un pot entre Angela Merkel, Charles Michel, Emmanuel Macron et Xavier Bettel... au Roy d'Espagne. La Première ministre britannique Theresa May, quant à elle, s'est montrée détendue. Pourtant, les sources de tensions ne manquent pas, à Bruxelles comme à Londres.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani ©Photo News

"Theresa May? Ah, je l’ai trouvée différente. J’ai vu ça dans son body language, elle était bien plus détendue que les autres fois", nous confie Antonio Tajani, le président du Parlement européen, croisé mercredi soir dans les coulisses du sommet sur le Brexit.

"Il presidente" est le seul dirigeant européen à quitter le dîner des Vingt-Huit. Sensible au "body language" de Theresa May, il sourit quand un journaliste britannique lui demande, mi-sérieux, si elle a dansé avant de prendre la parole, comme ce fut le cas lors du dernier congrès des Tories. "Rien n’a changé dans sa position. Nous en avons encore pour quelques semaines de travail au moins", dit-il.

"Les Quatre" au Roy d'Espagne

La réunion ne durera pas bien longtemps. A 22h30, les dirigeants européens se quittent, sans la moindre avancées.

Une demie-heure plus tard, on retrouve le Premier ministre Charles Michel, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel attablés "incognito" autour d'une bière dans une taverne de la Grand Place, le Roy d'Espagne. Sous le regard médusé des touristes et celui, vigilant, de leurs gardes du corps.

En ces temps difficiles, les bières belges, comme souvent, ont confirmé leur rôle fédérateur. Ce noyau dur de l'Union européenne n'avait pas invité Theresa May. Non, non.

Le "sommet du vide"

©REUTERS

Détendue, la Première ministre britannique? Elle a pourtant de quoi se faire du soucis. La "réunion des pizzas" est encore dans tous les esprits. On en parle jusqu’à Bruxelles. Cette rencontre secrète de lundi soir, à Londres, où quatre ministres de May, hostiles aux concessions qu’elle comptait faire aux Européens, ont comploté pour la renverser, tout en mangeant des pizzas. Les réfractaires ont renoncé. Mais la pression sur Theresa May est énorme.

Le sommet du 17 octobre devait être "le moment de vérité". Il fut celui du vide. Les négociations sont bloquées. Le Royaume-Uni est dos au mur, plutôt à la frontière irlandaise. Les Brexiters n’avaient jamais imaginé que leur grand rêve de quitter l’Union buterait sur le risque de réveiller le conflit irlandais. La mémoire courte, peut-être. "

S’il n’y a pas d’accord avant fin décembre, ce sera le Brexit dur. Les Britanniques ont fait l’erreur d’inscrire la date de leur départ du 29 mars dans une loi. La seule porte de sortie est un nouveau référendum", dit un diplomate. Le Brexit dur serait une catastrophe. Ce mercredi, en marge du sommet, certains jouaient à se faire peur. "En l’absence d’accord, nous allons vers de sérieux problèmes de coordination. Rien qu’en sécurité aérienne… Imaginez qu’un avion s’écrase. Qui paiera?" lâche un diplomate.

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