Cinq noms et une bataille pour présider la Commission européenne

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ©Photo News

Qui remplacera Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne? Cinq noms circulent, au coeur d'une bataille qui vise aussi la tête des autres institutions européennes. Le nom de la Bulgare Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale, revient avec insistance. La candidate des libéraux, Margrethe Vestager, vient de recevoir le soutien du Danemark.

Les couteaux sont tirés et la bataille fait rage dans les coulisses de l’Europe pour la désignation des futurs présidents de la Commission, du Conseil, du Parlement, de la BCE et du Haut représentant aux Affaires étrangères. Les cinq institutions les plus influentes d’Europe.

Le poste le plus prestigieux, la présidence de la Commission, fait l'objet d'intenses tractations. Le Parlement européen aura le dernier mot, mais la proposition vient du Conseil européen. 

Manfred Weber (PPE) ©AFP

Cinq noms circulent. Celui du "spitzenkandidat" du PPE, Manfred Weber, soutenu par l’Allemagne, mais honni par la France. Deux eurodéputés PPE sortants, Alain Lamassoure et Elmar Brok, ont convoqué la presse ce vendredi pour défendre Manfred Weber et la procédure du "spitzenkandidat", considérée comme "la plus démocratique" puisqu'elle permet de choisir entre les têtes de liste des partis, mais méconnue de la plupart des Européens. 

Michel Barnier (PPE) ©REUTERS

Le Français Michel Barnier (PPE) a lui aussi la cote, mais il n'est pas "spitzenkandidat" et il se dit qu’Angela Merkel pourrait s’y opposer si son poulain, Weber, était recalé par Emmanuel Macron. 

Margrethe Vestager (Renew Europe) ©EPA

Un boulevard s’ouvrirait alors pour une personne de consensus. Les libéraux poussent Margrethe Vestager, la commissaire à la Concurrence, qui bénéficie depuis ce vendredi du soutien de son pays, le Danemark. Mais le PPE est remonté contre la commissaire danoise. Elmar Brok affirme qu'il ne la considère pas comme une candidate légitime, car elle ne s'est pas présentée comme "spitzenkandidat" avant les élections.

Guy Verhofstadt, le chef de file des libéraux, avait refusé que son parti choisisse un candidat unique. Pourtant, lorsque la procédure a été introduite en 2014, "Guy était d'accord" dit Alain Lamassoure.

Angela Merkel (PPE) ©AFP

Certains plébiscitent Angela Merkel comme le "joker" de l’Europe, le seul nom capable de faire consensus entre les États et au Parlement.

La directrice de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva ©REUTERS

Un nouveau nom, celui de l’ex-commissaire bulgare, Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, commence à circuler.

Un timing serré

Le timing pour les nominations à la tête des institutions européennes est serré. L'idéal, pour ne pas perturber le fonctionnement de l'UE, serait que le Parlement européen puisse voter mi-juillet, lors de sa deuxième session, sur un candidat proposé par le Conseil. 

Lundi prochain, les quatre présidents des principaux groupes au Parlement (PPE, S&D, libéraux et Verts) devraient présenter un programme politique pour les cinq années à venir ainsi que le nom de celui ou celle que le Parlement soutiendra à la présidence de la Commission.

"En l’absence d’accord, les dirigeants européens se reverront lors d’un sommet extraordinaire, fin juin, juste avant l’ouverture de la première session parlementaire"
Une source européenne

Jeudi, lors d’un sommet européen, les chefs d’État et de gouvernement se pencheront sur la question, sur base du travail réalisé par six d’entre eux, dont Charles Michel. Il n’est pas certain que les Vingt-huit aboutissent. "En l’absence d’accord, les dirigeants européens se reverront lors d’un sommet extraordinaire, fin juin, juste avant l’ouverture de la première session parlementaire", dit une source.

Vu les divergences entre Paris et Berlin, il semble peu probable qu'un accord se dessine jeudi ou vendredi prochain. 

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