Des nanoparticules de dioxyde de titane dans nos produits sucrés

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Une étude de l'Institut national de recherche agronomique conclut que l'exposition chronique au E171 favorise la croissance de lésions pré-cancéreuses chez le rat. Mais qu'en est-il pour l'homme?

En pleine crise du fipronil, une nouvelle révélation éclate: des nanoparticules de dioxyde de titane (E171) ont été retrouvées dans des biscuits, des gâteaux, des glaces et autres sucreries. Le magazine français "60 millions de consommateurs" dénonce le fait qu'elles ne sont pas mentionnées sur les emballages, alors que leurs effets sur la santé sont incertains. Un règlement européen contraint théoriquement les fabricants à apposer la mention "nano" avant le nom de l'ingrédient concerné.

Certes qui dit nanoparticules dit quantité infinitésimale. On parle d'une boule de pétanque à l'échelle de la terre. Mais la nanoparticule soulève d'autres interrogations.

"On sait que les nanoparticules peuvent passer la barrière intestinale et se retrouver dans différents organes, comme le foie, le coeur, les poumons, et on ne sait pas encore ce qu'elles peuvent devenir", explique Patricia Chairopoulos, co-auteur de l'étude, au magazine "60 millions de consommateurs". Elle reproche aux industriels concernés leur "manque de vigilance" et leur "manque de rigueur".

L'association des fabricants de dioxyde de titane affirmait en mars dernier que cet additif n'était "pas utilisé comme nanoparticule dans les aliments". Or on a retrouvé du E171 sur 18 produits sucrés testés. La quantité varie selon les échantillons. Parmi les produits incriminés, les M&M's (dont 20% des échantillons contiennent des nanoparticules).

En France, Auchan a décidé de retirer des rayons tous les produits de sa marque contenant des nanoparticules. Intermarché affirme avoir obtenu de son fournisseur un changement de recette des bonbons incriminés.

Le gouvernement français a, lui, été saisi en janvier par l'Agence nationale de Santé afin d'analyser le danger potentiel sur le consommateur. Une étude de l'Institut national de recherche agronomique conclut en effet que l'exposition chronique au E171 favorise la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. Une extrapolation à l'homme n'est toutefois pas possible. L'agence du cancer de l'OMS a d'ores et déjà classé le dioxyde de titane comme cancérogène possible pour l'homme en cas d'exposition professionnelle par inhalation.

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