Le déclic du BIP

©Cleo Nikita

Exposition | La Biennale de l’image possible, anciennement Biennale de la photographie de Liège, réinvestit cette année le musée de la Boverie après l’avoir quitté il y a quelques éditions, à l’époque du Mamac.

Point névralgique de la manifestation, il en accueille l’expo principale intitulée "Fluo noir". Elle présente des travaux d’une dizaine d’artistes évoquant la thématique de cette édition, celle d’un présent réenchanté au travers notamment du travail photographique de Dune Valena. En trouant de balles de 9 mm des tirages bicolores et… "clichés" de bâtiments antiques, elle cherche à les rehausser, à en extirper la banalité. En d’autres termes, elle réinvestit l’image de sa puissance originelle.

Quant à David de Beyter, musicien hardcore, il prend pour sujet des carcasses de voitures, en fait des sculptures, les photographie ou les filme en train de brûler dans une sorte… d'"auto"-dafé.

L’occasion de se rendre compte de la grande diversité créative qui règne au sein de ce festival.

À cette onzième biennale participent sept autres lieux, principalement situés au cœur de la ville de Liège: Ultranormal aux Chiroux, par exemple, donne la parole à de jeunes photographes issus des écoles de photographie belges. L’occasion de se rendre compte de la grande diversité créative qui y règne, comme d’ailleurs au sein de ce festival.

Autre exemple aux Drapiers, où "Sous les images" met en regard l’œuvre de Jean-Pierre Ransonnet et de Léa Belooussovitch; le dessous est, en effet, le lien qui lie ce peintre ardennais confirmé – qui présente ici de vieilles photographies touchantes et annotées, pleines d’une poésie de l’éphémère –, et l’œuvre transfigurante de la toute jeune artiste qui effectue un travail inverse: à l’aide de crayons de couleurs sur feutre, elle reproduit des photographies d’actualités. Le résultat est coloré, flouté, futuriste presque, un chatoiement de couleurs. "Houla 25 mai 2012" révèle, en fait, dans cette brume ensoleillée, la silhouette de 49 enfants syriens morts, emmitouflés dans des couvertures et assassinés dans cette ville par on ne sait qui. Un travail sidérant, beau de chagrin, qui, dans l’avalanche d’images tragiques que l’œil reçoit désormais, fait plus que se fixer dans la mémoire: un brouillard de larmes qui transfixe.

Biennale de l’image possible, jusqu’au 1/4 dans différents lieux de Liège. 04/220 88 88, www.bip-liege.org

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