Fusillade à Utrecht: un deuxième suspect arrêté

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Les motifs de la fusillade qui a fait trois morts et cinq blessés à Utrecht lundi restent inconnus. Les enquêteurs penchent toutefois pour la piste terroriste. Un second suspect a été arrêté ce mardi soir.

Les drapeaux flottent à mi-mât aux Pays-Bas ce mardi. Le royaume, frappé par un attentat terroriste en pleine campagne électorale, commémore ses victimes. Commise ce lundi lorsqu’une personne a ouvert le feu dans un tramway à Utrecht, vers 10h45, près de la place du 24 Octobre, cette action terroriste a fait trois victimes, décédées lors de la fusillade. Cinq personnes ont été blessées, dont trois avec un pronostic vital engagé.

Le principal suspect, Gökmen Tanis, 37 ans, né en Turquie, a été interpellé en fin de journée à Utrecht. L’homme, qui aurait été repéré à l’aide d’un drone, a été arrêté dans un appartement d’un immeuble proche du centre-ville d’Utrecht après une poursuite. Condamné pour plusieurs délits, dont des vols, l’homme connu pour manier des armes à feu, est actuellement inquiété par la justice pour des accusations de viol. Des problèmes dans sa sphère conjugale ont aussi été mentionnés par des voisins tout comme sa consommation de stupéfiants.

Cet homme devait comparaître il y a deux semaines dans le cadre de trois affaires: un vol de vélos, un cambriolage dans un magasin de cycles ainsi que pour une affaire de viol. Selon la victime, prénommée Angélique et âgée de 47 ans, l'homme a été libéré après avoir passé six semaines en détention pour ne pas avoir respecté certaines conditions. Les faits d'agression sexuelle remonteraient à l'été 2017, selon la victime qui entretenait des relations intimes avec l'intéressé mais consommait aussi de la cocaïne avec celui-ci. "Il est fou, drogué. J'ai prévenu la police à plusieurs reprises. Ce n'est pas un terroriste, juste un psychopathe", explique la victime.

Mardi soir, un deuxième suspect a été arrêté par la police. Il s'agit d'un homme de 40 ans, un habitant d'Utrecht. Deux hommes de 23 et 27 ans qui avaient été arrêtés précédemment ont été libérés faute d'éléments à charge, a fait savoir le ministère public néerlandais. L'implication du nouveau suspect n'est pas encore claire, selon le ministère public. Le principal suspect, âgé de 37 ans, est lui toujours en prison.

La piste terroriste "sérieusement" considérée

Mais ce mardi matin, les enquêteurs ont livré plusieurs éléments qui tendent à écarter le motif familial. D'une part, ils ont signalé qu'il n'y avait aucun lien entre les victimes et le tireur. D'autre part, ils ont fait savoir qu'une lettre retrouvée dans la voiture du principal suspect les faisait considérer "sérieusement" la piste terroriste.

 

Mesures immédiates

Selon des témoins, le drame s’est produit lorsqu’un homme qui se trouvait dans un tramway en direction de la gare centrale d’Utrecht a sorti un fusil puis tiré sur plusieurs personnes. Plusieurs dizaines de personnes ont été entendues par la police. Cette dernière demande notamment à ceux ayant filmé la scène de leur envoyer leurs images.

Le tireur aurait déclamé un texte en arabe en invoquant Allah avant de décharger son arme sur la foule, mais ce détail n’a pas été confirmé officiellement. En début de soirée, les services de police précisaient en effet n’être en possession d’aucun indice lié à l’islamisme.

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Sur le terrain, les habitants de différents quartiers d’Utrecht ont été invités à rester chez eux une grande partie de la journée. Une cellule hospitalière a aussi été ouverte de toute urgence avec 200 lits à disposition.

Plusieurs actions de police des unités antiterroriste ont eu lieu dans des quartiers résidentiels et notamment aux alentours d’un immeuble situé à quelques centaines de mètres du lieu de la fusillade. Les forces de police ont sommé toutes les personnes présentes de quitter les lieux. Cette opération a donné lieu à l’enlèvement d’une voiture utilisée auparavant par l’auteur de l’attentat. Cachée sous une bâche, cette Renault Clio a été transportée sur un camion des services de polices.

Etat d'alerte maximal

L’alerte terroriste a d’emblée été relevée d’un cran dans toute la province d’Utrecht. Le niveau a été placé à son maximum. Ce niveau a été maintenu jusqu’en début de soirée au moment de l’arrestation de l’auteur. Ce niveau maximum de sécurité n’avait encore jamais été mis en place dans le royaume. Ailleurs sur le territoire, le niveau s’est maintenu à un cran inférieur.

Dans le même temps, les mesures de sécurité ont été renforcées à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, à Rotterdam, autour des bâtiments du Parlement de La Haye et à la gare d’Amsterdam. Les autoroutes autour d’Utrecht sont restées bouclées une partie de la journée. Mosquées, écoles de la ville et l’université ont été fermées avec une interdiction à quiconque de sortir ou de rentrer dans les bâtiments. Trois hélicoptères mais aussi des drones à la recherche d’indices ont sillonné le ciel toute la journée.

La campagne électorale de l’ensemble des partis politiques a été suspendue et les débats télévisuels prévus dans la soirée n’ont pas eu lieu.

Seul le parti populiste Forum pour la démocratie s’est démarqué en maintenant son meeting prévu lundi soir dans un hôtel chic de La Haye. Les réactions de la classe politique néerlandaise ont été unanimes pour condamner cet attentat.

 

La police a arrêté mardi un nouveau suspect dans le cadre de la fusillade qui a fait trois morts lundi dans un tramway à Utrecht (Pays-Bas). 

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