Guy Verhofstadt pressenti à la présidence de la Conférence sur l'avenir de l'Europe

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L'Europe, confrontée à une grave crise existentielle, se prépare à organiser une conférence sur son propre avenir. Le Belge Guy Verhofstadt est pressenti pour présider l'exercice. Mais à cette heure, rien n'est fait.

L'Europe, au coeur d'une grave crise existentielle à quelques jours du Brexit, se cherche un nouvel avenir. Assoupie par une bureaucratie allergique au changement, des partis traditionnels engoncés dans la routine et des États accrochés à leur souveraineté, l'Union n'inspire plus. Pour tenter de redémarre le moteur européen, le président français Emmanuel Macron a imaginé l'idée d'une Conférence pour l'avenir de l'Europe.

La Conférence sur l'avenir de l'Europe est un projet du président français Emmanuel Macron ©EPA

Exercice prémâché? Bain de jouvence pour le projet européen? Seul l'avenir le dira. De bonnes volontés ont, en tout cas, l'intention d'associer les citoyens au processus.

Les eurodéputés ont voté ce mercredi à Strasbourg une résolution sur l'organisation du processus, qui démarrera le 9 mai prochain, le jour de la fête de l'Europe.

Guy Verhofstadt pressenti à la présidence

Qui présidera la conférence? Les groupes politiques européens ferraillent encore sur cette question, qui pourrait être tranchée ce jeudi lors d'une réunion des présidents de groupes politiques

Le Belge Guy Verhofstadt (RE) pourrait décrocher cette présidence. C'est du moins ce qui était prévu en juillet dernier, mais la décision est toujours en balance. Prudent, le libéral ne répond à aucune question sur le sujet. Un accord en ce sens aurait été conclu entre les libéraux (RE) et les démocrates chrétiens  (PPE). En échange, les libéraux appuieront la candidature de Manfred Weber à la présidence du Parlement européen. 

"Poutine se moque de nous, Erdogan nous fait un chantage, Trump nous harcèle, voilà pourquoi nous voulons réformer l'Europe, car demain des empires domineront le monde", a lancé Guy Verhofstadt, ce mercredi, lors d'un débat très animé sur la conférence au Parlement européen à Strasbourg. L'ancien premier ministre belge défend une approche "de la base vers le sommet".

 

Réformer l'Europe

L'objectif de cette conférence sera de "lancer une vague de réformes qui insuffleront un nouveau dynamisme à l'Europe", a résumé le président du Parlement européen David Sassoli (S&D, Italie).

L'UE ambitionne de consulter les citoyens, la société civile et les parlements nationaux pour aboutir à une réforme de son mode de fonctionnement. "L'Europe n'a pas été créée pour Bruxelles, pour une élite ou pour une bulle", a plaidé Dacian Ciolos (RE, Roumanie), le président des libéraux, invitant à "casser le syndrome de la bulle européenne". Les libéraux veulent aboutir à travers cette conférence à la mise en place des listes transnationales lors des élections européennes.

Le président du groupe PPE Manfred Weber et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen ©EPA

"Il faut que le Parlement joue un rôle de chef de file dans ce processus", a expliqué le chef de file des démocrates chrétiens Manfred Weber (PPE, Allemagne), "il est très important d'impliquer les parlements nationaux".

Le PPE veut rendre obligatoire la règle du candidat tête de liste lors des élections européennes ("spitzenkandidat") pour désigner le président de la Commission européenne, au lieu de voir les dirigeants des États de l'UE choisir ce président lors d'un sommet européen. Le PPE souhaite aussi donner au Parlement un pouvoir d'initiative législative, aujourd'hui aux mains de l'exécutif européen.

Les socialistes insistent sur l'aspect participatif du processus."L'Europe n'existe pas si on met de côté ses peuples, ses citoyens, a lancé la présidente du groupe socialiste, Iratxe Garcia Pérez (S&D), ceci nous donnera l'occasion de réformer le projet européen".

Les écologistes européens veulent aller plus loin que les partis traditionnels, en proposant une Europe fédérale"Cela ne suffit pas d'impliquer les partenaires sociaux, les syndicats. Il faut aussi faire venir les ONG dans ce débat, a martelé Daniel Freund (Verts), il faut doter les Européens des outils et des compétences pour faire face aux défis de notre temps. Rapprochons-nous d'une République fédérale européenne".

La Conférence sur l'avenir de l'Europe est battue en brèche par les conservateurs et les partis extrémistes de gauche et de droite. "Cinq groupes politiques ont préparé la résolution sur la en secret, alors que deux groupes ont été exclus de sa rédaction", a dénoncé le coprésident des conservateurs Ryszard Legutko (ECR), "c'est tricher, le résultat est connu à l'avance".

"C'est une procédure rabougrie qui nous est proposée à ce stade", a lâché l'eurodéputée de la France insoumise, Manon Aubry (GUE).

"Ne pas fixer de résultat préalable"

La Commission européenne présentera sa contribution le 30 janvier prochain."Vous êtes engagés à ne pas préjuger de l'issue de cette conférence. Fixer un résultat préalable serait nuisible à la démocratie. Il vaudrait mieux, dans ce cas, ne rien faire", dit Dubravka Suica, la vice-présidente de la Commission. 

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