"Nous ne sommes pas des partisans naïfs du libre-échange"

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a présenté son "manifeste" aux députés européens. Insistant sur la fin des grandes crises, il veut faire souffler un vent d'optimisme et de réformes sur l'Europe.
  • Que retenir du discours de Jean-Claude Juncker?

    Ses projets:

    • Fusionner les présidences du Conseil européen et de la Commission européenne
    • Accueillir un ministre européen des Finances et de l'Économie

    • Créer un "cadre" européen de contrôle des investissements étrangers
    • Concevoir une stratégie industrielle pour assurer la compétitivité des entreprises
    • Créer une "autorité commune" de l'UE pour les travailleurs détachés

    • Ouvrir l'espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie
    • Retarder l'adhésion de la Turquie

    • Organiser un sommet européen au lendemain du Brexit

    • Lutter conte le réchauffement climatique
    • Mieux protéger les citoyens à l'ère du numérique
    • Travailler à l'amélioration de la migration

    Ses valeurs:

    • Liberté
    • Égalité de droit
    • État de droit

  • L'après-brexit

    Jean-Claude Juncker propose un sommet européen le lendemain du Brexit, le 30 mars 2019, dans la ville de Roumanie de Sibiu afin de prendre des décisions pour dessiner les contours du futur d'une Europe plus démocratie.

    Il rappelle que les élections européennes se tiendront à peine quelques semaines après, en mai 2019, et espère que les citoyens se rendront compte que l'UE travaille pour eux.

    "L'Europe n'avancera que si elle choisit l'audace."

  • Une meilleure démocratie

    Jean-Claude Juncker déclare souhaiter des listes transnationales aux prochaines élections du parlement européen.

    "Le besoin de renforcer la démocratie et la transparence aura des conséquences pour les candidats à la Commission européenne."

    "Plus de démocratie veut dire plus d'efficacité."

    Le président de la Commission souhaite également fusionner les présidences du Conseil européen et de la Commission européenne. "Le paysage européen serait plus lisible si le navire européen était piloté par un seul capitaine."

    "Notre avenir ne peut pas rester un simple scénario", insiste Jean-Claude Juncker.

  • Renforcer le marché intérieur

    "L'Europe doit pouvoir décider plus vite, elle doit être plus efficace", selon Jean-Claude Juncker.

    "Il nous faut un ministre européen des Finances" qui serait à la fois commissaire européen de l'Economie et des Finances et président de l'Eurogroupe, qui regroupe les ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, a-t-il dit.

    Par contre, il rejette l'idée d'un budget et d'un parlement séparés pour la zone euro, comme proposé par la France.

    "L'UE doit également devenir plus forte pour lutter contre le terrorisme", affirme le président de la Commission et plaide pour une plus grande coopération entre les États membres.

    "L'UE doit pouvoir prendre plus rapidement des décisions de politiques étrangères" et Jean-Claude Juncker propose de simplifier les processus de décisions dans ce domaine. 

  • Un élargissement de l'UE sous condition

    "Nous devons absolument ouvrir l'espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie."

    "Nous voulons que l'euro unisse davantage notre continent au lieu de le diviser. Le destin de l'euro est de devenir la monnaie de toute l'Union européenne." Jean-Claude Juncker propose de créer un instrument de préadhésion à l'Euro qui apporte aux pays candidats des techniques financières.

    "Il faut encourager tous les États membres à participer à l'Union bancaire."

    Pour mettre fin au dumping social, "les États membres devraient se mettre d'accord sur le pilier européen des droits sociaux", affirme le président de la Commission.

    "Si nous voulons davantage de stabilité dans notre voisinage, nous devons offrir des perspectives d'élargissement fiable aux Balkans occidentaux." Il est convaincu que l'UE comptera plus de 27 États membres, à condition que les valeurs de base soient respectées. "Ce qui exclut pour le moment une adhésion de la Turquie." Il en profite pour appeler la Turquie à libérer les journalistes.

  • Liberté, égalité et état de droit

    "L'avenir de l'Europe ne peut pas être dicté par le haut", affirme Jean-Claude Juncker. Après des débats au parlement européen, il veut maintenant passer des paroles aux actes.

    "2018 doit être la fête de la diversité européenne", estime-t-il. "Pour moi, l'Europe, il s'agit avant tout de valeurs: la liberté, l'égalité de droit et l'état de droit.

    Il ne veut pas d'une Europe à deux vitesses entre l'est et l'ouest, et cela en ce qui concerne la santé, le travail, la qualité des produits alimentaires... "En Europe, nous appliquons la force de la loi et non la loi du plus fort. Le droit et la loi doivent être garantis par une justice indépendante", affirme-t-il. 

    "L'état de droit n'est pas une option dans l'Union européenne."

  • Les 5 priorités de Jean-Claude Juncker

    1. "Nous ne sommes pas des partisans naïfs du libre-échange, l'Europe doit toujours défendre ses intérêts stratégiques. Nous proposons aujourd'hui un nouveau cadre sur l'examen des investissements étrangers."

    2. "La commission voudrait rendre notre industrie plus forte et plus compétitive." Il promet ainsi la conception d'une stratégie industrielle pour assurer la compétitivité des entreprises. Enfin, il pointe du doigt les constructeurs automobiles les invitant à investir dans les voitures propres de demain plutôt que d'essayer de tromper les consommateurs. 

    3. "Je voudrais que l'Europe soit à l'avant garde de la lutte contre le réchauffement climatique", surtout face aux États-Unis.

    4. "Je voudrais que nous protégions mieux les citoyens à l'ère du numérique." Juncker estime que l'Europe reste mal équipée face aux cyberattaques, "qui sont parfois plus dangereuses à la démocratie que les fusils".

    5. "La migration doit rester sous notre radar." Il se félicite d'avoir endigué le flux des migrants en Europe, mais insiste sur le fait que "l'Europe n'est pas une forteresse et ne doit jamais le devenir. L'Europe est et restera le continent de la solidarité." Jean-Claude Juncker propose une nouvelle politique de retour d'ici la fin du mois. "Nous allons aussi travailler à l'ouverture des voies de migrations légales."

  • Plus de transparence

    "Le commerce n'est pas un concept abstrait. Ce sont des emplois, de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes."

    "L'Europe a toujours été un partenaire économique intéressant", affirme Jean-Claude Juncker, citant les accords avec le Canada et le Japon et de nombreux autres qui sont encore à l'étape de projet dont des accords avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande. "Je voudrais que tous ces accords soient finalisés d'ici la fin de ce mandat et qu'ils soient négociés dans la plus grande transparence.

    "Les citoyens ont le droit de savoir ce que propose la Commission. Fini le manque de transparence."

  • "L'année passée, j'avais un discours facile à donner, car l'Union n'était pas dans un bon état", a commencé le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. "J'avais proposé un programme positif qui protège, qui renforce et qui défende. Nous continuons à faire des projets chaque jour."

    - Nous sommes dans la 5e année consécutive de croissance économique.
    - Le chômage est à un niveau plus bas en neuf ans.
    - Près de 8 millions d'emplois ont été créés sous la Commission Juncker

    "Il est temps de construire une Europe plus démocratique d'ici 2025."

  • Regardez le discours en direct

    Le discours de Jean-Claude Juncker est attendu vers 9h.

    L'état de l'Union 2017

  • Qu'attendre de cet "état de l'Union"?

    L'état de l'Union pour l'année 2018 est très attendu par les députés et la presse. Les marchés seront, eux aussi attentifs. Mais de quoi va parler Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne?

    Il devrait insister sur le retour de la croissance et les réformes à venir. "Nous ne sommes plus en pleine crise, comme les mois de septembre précédents. Les choses vont mieux. La croissance est de retour dans les 28 États européens, le vent tourne", dit-on dans l'entourage du Président.

    "Le mot Brexit sera-t-il prononcé?", interrogeait mardi un journaliste britannique. "Vous en avez tellement parlé dans vos articles que le simple fait de ne pas le prononcer pourrait énerver les marchés", lâche un proche du Président.

    Jean-Claude Juncker devrait aussi proposer de sortir par le haut de l'ornière du Brexit. Comment? En réalisant ce qui n'a pu être fait du temps des Britanniques, en tablant sur les "coopérations renforcées": accroître la coopération militaire, mettre ne place un ministre des Finances européen doté d'un vrai budget et créer une sorte de "fonds monétaire européen" qui pérennise le mécanisme européen de stabilité pour mieux affronter les crises.

    Juncker devrait enfin proposer de scinder la négociation des accords de libre-échange entre matières commerciales et investissements. Un peu vite au goût des sociaux-démocrates qui reprochent au Luxembourgeois d'avancer trop seul, sans débat démocratique.

    Les prévisions des députés

    Les libéraux attendent les propositions présidentielles. "Nous sommes à un tournant. On pourrait quitter la gestion de la crise pour se lancer dans un paquet de réformes", dit Guy Verhofstadt, le président des libéraux (ADLE).

    Les Verts et la gauche radicale ont perdu leurs illusions. "Ce que j'attends? C'est qu'il décide de prendre en compte les intérêts des citoyens. Mais je sais que je serai déçu", dit Philippe Lamberts, coprésident des Verts européens.

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