L'Europe a un plan pour sécuriser son accès aux matières premières

Le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton présentait jeudi la stratégie de la Commission pour les matières premières critiques. ©EPA

L'Europe risque d'avoir un problème d'accès aux matières premières essentielles pour la transition vers une économie décarbonée. Mais la Commission a un plan.

batteries, éoliennes, moteurs de voitures, panneaux photovoltaïques, robotique… Pour répondre aux défis de la transition climatique et de la numérisation de l’économie, l’industrie européenne doit sécuriser son accès à certaines matières premières. La Commission européenne a donc présenté jeudi un "plan d'action" qui doit réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis de pays comme la Chine, championne de l’extraction de terres rares. "Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre entièrement de pays tiers", a estimé le commissaire à l'Industrie Thierry Breton, qui présentait ce plan au lendemain du séminaire de rentrée de la Commission.

Pour les batteries des voitures électriques comme pour le stockage d'énergie, l'Europe aura besoin jusqu'à 18 fois plus de lithium pour 2030 et jusqu'à 60 fois plus pour 2050.

L'exécutif européen a mis à jour sa liste de ces ressources clés - il y en a trente, quatre de plus que dans la précédente version (2017), dont le lithium, «essentiel pour un glissement vers l’e-mobilité». Pour les batteries des voitures électriques comme pour le stockage d'énergie, l'Europe aura besoin jusqu'à 18 fois plus de lithium pour 2030 et jusqu'à 60 fois plus pour 2050, estime la Commission. Or en l'absence d'investissements significatifs, un "déficit de marché important" pourrait survenir après 2025.

L'étude de la Commission qui produit ces évaluations recommande notamment d'investir dans la production de matières premières pour les batteries afin de réduire la dépendance vis-à-vis du marché asiatique. Elle évalue aussi que la demande européenne pour les matières premières utilisées dans les turbines éoliennes sera multipliée par six en 2030 et par 15 d'ici 2050.

"Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre entièrement de pays tiers."
Thierry Breton
Commissaire européen à l'Industrie

Une nouvelle "alliance"

La Commission identifie une série d’actions à mettre en place pour diversifier l’approvisionnement dans ces matières, améliorer l’efficacité de leur utilisation, leur circularité. Mais aussi, quand c’est pertinent, pour en développer l’extraction et le raffinage sur le sol européen.

Elle entend lancer d'ici la fin de l'année une «Alliance européenne des matières premières», réunissant les principaux acteurs et parties prenantes du secteur pour élaborer des projets concrets. Elle se concentrera dans un premier temps sur les "besoins les plus pressants", à savoir la résilience de l’Union en matière de terres rares.

La Commission entend identifier des projets miniers et de transformation qui soient opérationnels pour 2025. Elle se concentrera en priorité sur les régions charbonnières et autres régions en transition, et encourage d'ores et déjà les États membres à intégrer les investissements dans les matières premières critiques à leurs plans de relance nationaux.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés