L'Europe dévoile son plan pour négocier un "mini-TTIP"

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La Commission Juncker a dévoilé ce vendredi ses plans pour négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis visant à réduire les droits de douane sur les produits industriels, y compris les voitures.

La Commission européenne a adopté ce vendredi sa proposition de mandats pour négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Les mandats, deux propositions de directives, ont été publiés sur son site internet. L'une porte sur les produits industriels, l'autre sur l'évaluation de la conformité qui permettrait aux entreprises de prouver plus facilement que leurs produits satisfont aux exigences techniques aux Etats-Unis et en Europe.

La Commission Juncker propose à Washington de négocier la suppression des droits de douane qui frappent les produits industriels. L’Europe souhaite intégrer les automobiles dans l’accord. Par contre, il est exclu de parler d’agriculture. Plusieurs pays, dont la Belgique s’y opposent.

Les textes doivent encore être approuvés par les 28 États de l’UE. "La publication, aujourd’hui, de nos projets de directives de négociation s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la déclaration conjointe des présidents Juncker et Trump", dit Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce.

Les deux présidents avaient enterré la hache de guerre en juillet en s’accordant sur la relance de négociations commerciales limitées. La promesse de ce "mini-TTIP" avait éteint menaces de hausse des droits de douanes de 25% sur les voitures européennes brandies par Donald Trump. En 2017, les Etats-Unis ont importé 8,3 millions de voitures de l’UE pour une valeur de 165 milliards d’euros.

L’Europe gagne du temps

La Commission Juncker, en publiant ses plans de négociation, cherche à gagner du temps en montrant sa bonne volonté aux Etats-Unis. Les tensions entre les deux zones sont loin d’être éteintes. L’administration américaine doit publier à la mi-février un rapport sur le commerce transatlantique d’automobiles évaluant la "menace" européenne. Le président Trump devra ensuite décider dans 90 jours s’il impose, ou pas, des nouveaux tarifs.

Tant que le processus de négociation est en cours, les Etats-Unis ne rétabliront pas de droits de douanes. "Nous voulons faire avancer le processus de négociation afin d’éviter l’escalade", dit une source européenne.

Les Etats-Unis veulent inclure l’agriculture dans les négociations, mais l’UE refuse en raison de ses règles phytosanitaires plus strictes.

Lors de son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a mis au placard le TTIP, tentant ensuite de rebattre les cartes du commerce mondial.

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