L'Europe lance sa coopération militaire permanente

Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, présidents de la Commission et du Conseil européen (à gauche de l'image), lors de la cérémonie de lancement de la Coopération structurée permanente. ©EPA

Éternel "soft power", l'Union européenne a franchi un cap en matière de coopération militaire. Les chefs d'État et de gouvernement de vingt-cinq pays célébraient ce jeudi le lancement de la Coopération structurelle renforcée, avec 17 projets concrets à l'appui.

Les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union encadrés de militaires en uniforme, l'image a vocation à marquer les esprits: l'Europe militaire prend forme.

Au cours d’une cérémonie en marge du Conseil européen, qui se tient à Bruxelles ces jeudi et vendredi, les dirigeants européens ont officiellement lancé la Coopération structurée permanente (CSP) en matière de défense, qui doit permettre de mener des projets conjoints pour développer des équipements européens, et de faciliter les opérations extérieures.

"L’objectif est de progresser vers une autonomie stratégie de l'Union, et ce en bonne articulation avec l'OTAN."

Vingt-Cinq pays y participent, alors que Malte, le Danemark et le Royaume-Uni ont choisi de rester à l’écart. Cette coopération nouvelle doit être “rapidement” concrétisée par la mise en place de 17 projets. La Belgique va participer à cinq d'entre eux et notamment prendre la tête d'un projet de sous-marins autonomes de déminage (Mine counter Measures Semi-Autonomous Underwater Systems).

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a salué une "décision historique qui fait de l'Union un fournisseur de sécurité crédible dans le monde".

"Photo de famille" réunissant 24 chefs d'État et de gouvernement participant à la Coopération structurée permanente, encadrés par des militaires en uniforme. ©EPA

Dans les premières conclusions de leur sommet, les Vingt-Sept appellent en outre à avancer sur la mise en place d’un Fonds de défense européen, et en particulier d’adopter l’an prochain un programme de développement industriel de la défense pour financer les premiers projets en 2019. Le Fonds devrait se subdiviser en deux “guichets”. L’un axé sur la recherche et développement devrait être lancé en phase préparatoire avant 2020 et se voir consacrer un véritable budget de R&D militaire à partir de cette date. L’autre guichet concernera la création de capacités opérationnelles.

“L’objectif est de progresser vers une autonomie stratégie de l'Union, et ce en bonne articulation avec l'OTAN”, alors que l'allié américain exprime une volonté de désengagement, indique une source européenne. Pour la Belgique, ce processus doit pouvoir déboucher sur une politique industrielle ambitieuse en matière de défense, dont l’effet d’échelle pourrait être important pour le tissu économique du pays.

Cette coopération, rendue possible par le traité de Lisbonne, est lancée après avoir été mise sur la table il y a plus d’un an par les Vingt-Sept suite au référendum britannique sur le Brexit. Elle permet en outre aux dirigeant de l'Union de marquer le fait que la question britannique n’est pas le centre de gravité de la politique européenne, pas plus que les deux grands sujets qui cristallisent les tensions entre les États membres : l’avenir de la gestion de l’espace Schengen et de la zone euro. Pour ces deux questions, les dirigeants européens se donnent rendez-vous en juin pour prendre des décisions.

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