L'Europe veut accélérer la transition écologique suite à la pandémie de Covid-19

Pour le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, la crise du Covid-19 impose une accélération de la transition écologique vers l'agriculture durable et une meilleure protection de la biodiversité. ©EPA

La Commission européenne a décidé d'accélérer l'adoption de mesures pour protéger la biodiversité et promouvoir une alimentation saine – deux stratégies-clés de son Pacte vert. Les objectifs fixés sont précis. Les moyens pour y arriver ne le sont pas encore.

Pour l'Union européenne, la destruction de la biodiversité et l'appauvrissement de notre alimentation ont favorisé la propagation du coronavirus. À ses yeux, il est urgent d'accélérer la transition écologique

La Commission européenne a dévoilé mercredi deux stratégies pour une Europe plus durable. L'une, en faveur de la biodiversité, entend enrayer la destruction de la nature. L'autre, de la "ferme à la table", vise à mettre en place une alimentation plus saine et respectueuse de l'environnement. 

"Pendant cette période où le monde lutte contre cette pandémie, il faut réfléchir à accroître notre résilience et à traduire en termes concrets les souhaits des gens qui veulent que nous changions les choses."
Frans Timmermans
Vice-président de la Commission européenne

Cette double stratégie fait partie du Pacte vert européen, adopté fin 2019, dont l'objectif est de parvenir à une économie neutre en carbone d'ici 2050.

"Pendant cette période où le monde lutte contre cette pandémie, il faut réfléchir à accroître notre résilience et traduire en termes concrets les souhaits des gens qui veulent que nous changions les choses", résume Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne, en charge du Pacte vert, "ce sont aussi des éléments essentiels du plan de reprise".

La Commission fixe plusieurs objectifs ambitieux. Pour y parvenir, elle proposera plusieurs textes législatifs l'an prochain.

Réduire les pesticides de 50% d'ici 2030

Le plan "de la ferme à l'assiette" propose 27 actions pour réduire l'empreinte climatique du système alimentaire européen, tout en assurant un modèle économique viable aux agriculteurs.

"La durabilité va devenir une véritable stratégie de croissance", dit Stella Kyriakides, la commissaire en charge de la Santé et de la Sécurité alimentaire.

La Commission veut réduire les pesticides chimiques de 50% d'ici 2030. Un objectif ambitieux et difficile à atteindre, car il nécessite d'améliorer les connaissances statistiques, les données sur l'utilisation des pesticides en Europe étant encore insuffisantes. 

Les engrais chimiques seront réduits de 20%. "Ce qui pose problème n'est pas l'engrais, mais son utilisation trop abondante empêchant les plantes d'absorber les nutriments", nuance une source européenne.

25%
des terres agricoles
L'UE veut consacrer 25% des terres agricoles européennes à l'agriculture bio, contre 8% aujourd'hui.

La part de l'agriculture biologique devra passer de 8% à 25% des terres agricoles.  

La Commission veut aussi une réduction de 50% des ventes d'antibiotiques utilisés lors de l'élevage des animaux. "L'utilisation de ces antibiotiques entraîne 33.000 décès en Europe chaque année", dénonce Frans Timmermans.

Ces objectifs divisent les partis européens et suscitent des levées de bouclier du côté de l'industrie chimique. "Nous regrettons que la Commission accélère sa stratégie de la ferme à la table maintenant, alors que les agriculteurs de toute l'Europe sont confrontés à une énorme insécurité pour leur avenir", déplore le PPE (parti démocrates-chrétiens), la première famille politique européenne. 

Les écologistes applaudissent le timing, mais regrettent que les mesures ne soient pas suffisamment liées à la Politique agricole commune (PAC). "Si elle ne s’accompagne pas d’une transformation radicale de la PAC, cette stratégie restera lettre morte", affirme l'eurodéputé vert Benoît Biteau

Protéger la biodiversité

La Commission propose de transformer d'ici 2030 au moins 30% des terres et mers en Europe en zones protégées, de mieux protéger la forêt primaire et de ramener au moins 10% des terres agricoles à des paysages plus variés. Elle promet de consacrer 20 milliards d'euros par an à cet objectif.

"Plus d'un million d'espèces sont en danger d'extinction, nous avons détruit la nature. Freiner la perte de diversité est un impératif", conclut Frans Timmermans, "si nous respectons les engagements de Natura 2000, c'est plus d’un demi-million d'emplois qui pourraient être créés". 

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