L'UE déclenche la procédure de sanctions contre la Hongrie

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, accusé de porter atteinte aux valeurs fondamentales de l'UE, avait dénoncé mardi devant le Parlement européen tout "chantage" visant à le faire dévier de sa position intransigeante à l'égard des migrants. ©AFP

Le Parlement européen lance la procédure art. 7 contre la Hongrie visant à prévenir d'un risque de violation grave des valeurs de l'Union européenne.

Pour la première fois, le Parlement européen fait usage de son droit de lancer la procédure dite de l'article 7 et demande aux membres de l'UE d'agir pour prévenir d'un "risque de violation graves de ses valeurs" en Hongrie. La décision a été prise ce mercredi midi lors d'un vote. Le sujet avait donné lieu à d'âpres affrontements mardi. La résolution devait recueillir au moins les deux tiers des suffrages exprimés. Les Européens dénoncent la menace "systémique" des valeurs de l'UE en Hongrie.

→ Pourquoi?

La résolution soumise au vote du Parlement recensait les multiples violations de la démocratie et des droits de l'homme constatées par les institutions européennes depuis l'arrivée au pouvoir du Fidesz, le parti de Viktor Orban, s'agissant de l'indépendance de la justice, de la liberté des médias, de la liberté académique ou du sort fait aux migrants et à ceux qui leur portent assistance.

L'exécutif européen avait jusqu'à présent recouru à plusieurs procédures d'infraction pour exprimer son mécontentement à l'égard de Budapest: sur le non-respect de la législation de l'UE en matière d'asile, sur la loi qui rend passible de poursuites pénales l'aide aux migrants, sur le financement des ONG et sur la loi sur l'enseignement supérieur. Ligne dure anti-immigration, style autoritaire, prises de position anti-UE, Viktor Orban incarne la vague populiste qui déferle en Europe. Fin août, il avait, après une rencontre avec le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, désigné le président français Emmanuel Macron comme son ennemi en Europe.

Le Premier ministre hongrois s'était défendu mardi avec véhémence devant le Parlement européen. Le dirigeant conservateur, souvent taxé de populisme, n'avait pas répondu aux accusations portées contre lui mais s'était posé en défenseur de son peuple et de l'honneur de son pays.

"Je sais que vous vous êtes déjà fait une opinion (...). Je suis devant vous parce que vous n'allez pas condamner un gouvernement, mais vous allez condamner un pays et un peuple", déclarait-il, rappelant les heures de gloire des Hongrois, dont l'insurrection de Budapest contre l'armée soviétique en 1956. "Nous avons construit une clôture, arrêté des centaines de milliers de migrants clandestins, nous avons défendu la Hongrie et nous avons défendu l'Europe. Vous souhaitez la condamner parce que les Hongrois ont décidé que leur patrie ne serait pas un pays d'immigration."

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