L'affaire Selmayr tourne au duel "Richelieu" contre "Robespierre"

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Des eurodéputés ont réclamé l'ouverture d'une enquête après la nomination controversée, la semaine dernière, du directeur de cabinet du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au poste de secrétaire général, fonction la plus élevée dans l'administration de l'institution.

"Qui prévient de loin ne fait rien par précipitation", a écrit Richelieu. Le scandale autour de la désignation éclair de Martin Selmayr, le chef de cabinet du président de la Commission Jean-Claude Juncker, au poste de secrétaire général, le plus élevé de l’administration européenne, continue à provoquer des remous. Peut-être Selmayr, que l’on compare à Richelieu, aurait-il mieux fait de suivre le conseil du cardinal.

L’opacité et la vitesse avec laquelle sa nomination a été conduite laissent pantois élus, observateurs et certains commissaires européens.

Les médias européens ne lâchent pas le morceau. Mardi, les questions ont fusé lors du point de presse quotidien de la Commission, une fois de plus consacré au sujet.

Pour rappel, Selmayr a été nommé après qu’une candidature a été ouverte le 31 janvier pour le poste de secrétaire général adjoint. Un seul concurrent a eu le temps de se manifester. Le 21 février, la Commission nommait Selmayr comme adjoint puis, immédiatement après, secrétaire général.

Plusieurs éléments surprennent, à commencer par le départ précipité à la retraite du précédent secrétaire général, Alexander Italianer, âgé de 62 ans, sans que rien ne laisse penser qu’il allait partir. La secrétaire générale ajointe, Paraskevi Michou, remplacée l’espace de quelques secondes par Martin Selmayr, quant à elle, a été nommée au sein d’une autre DG.

Un journaliste comparé à "Robespierre"

La Commission se montre de plus en plus nerveuse. Les noms d’oiseaux commencent à fuser. Le journaliste de Libération Jean Quatremer, qui a soulevé le lièvre, a été comparé à "Robespierre" par Alexander Winterstein, un porte-parole de la Commission européenne.

Winterstein a fini par s’excuser, précisant qu’il voulait faire allusion à "la rhétorique de Robespierre". Quelques minutes plus tard, excédé par les questions, le porte-parole finissait par comparer les journalistes à "des enfants" qui n’écoutent pas ce qu’on leur dit.

Infantiliser, pratiquer la langue de bois n’est pas la meilleure technique pour sortir d’une crise.

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