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L'amorce d'une concession italienne

De gauche à droite, le ministre des Finances, Giovanni Tria, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte et les deux vice-premiers ministres Luigi Di Maio et Matto Salvini ©EPA

Le gouvernement italien a modifié ce mercredi la trajectoire des déficits public qu'il envisageait. Un "bon signal" montrant qu'il a entendu les préoccupations de ses partenaires européens, s'est réjoui Pierre Moscovici.

Alors que le gouvernement italien tentait ce mercredi de fixer les derniers détails de ses objectifs budgétaires pluriannuels, les indices d’une modération de la position de Rome ont relâché la pression sur les obligations italiennes. La semaine dernière, le gouvernement de Giuseppe Conte avait affiché un objectif de déficit de 2,4% pour les trois années qui viennent, alors que la trajectoire envisagée jusqu’alors ciblait un déficit de 1,6%.

"Si la croissance augmente, et nous travaillons à favoriser cette croissance, alors le niveau de déficit peut être plus bas."

Un seul chiffre est certain, c’est celui de 2019, a affirmé ce mercredi le vice-président du conseil italien, Matteo Salvini (La Ligue, extrême-droite). L'objectif d'un déficit budgétaire de 2,4% pour l'année prochaine a été confirmé en soirée par le gouvernement italien au terme d'une réunion entre le président du Conseil, Giuseppe Conte et ses principaux ministres. L'accord prévoit un objectif de 2,1% du PIB pour 2020 et de 1,8% pour 2021. Giuseppe Conte a déclaré qu'il tablait sur un ratio entre la dette et le PIB de 126,5% en 2021. 

En 2020, "si la croissance augmente, et nous travaillons à favoriser cette croissance, alors le niveau de déficit peut être plus bas", a indiqué un haut fonctionnaire et conseiller économique de Matteo Salvini à l’agence Bloomberg.

Climat délétère

Après avoir mis très haut la barre de la défiance envers Bruxelles, Rome semble donc amorcer une légère machine-arrière dans un climat délétère. Alors que le gouvernement italien doit soumettre son projet de budget à la Commission européenne le 15 octobre, les relations entre Rome et Bruxelles, déjà exécrables, se sont détériorées ces derniers jours.

"(C’est) un gouvernement résolument eurosceptique et xénophobe (...)"
Pierre Moscovici
Commissaire européen aux Affaires économiques

"Les Italiens ont (...) fait le choix d’un gouvernement résolument eurosceptique et xénophobe qui, sur les questions migratoires et budgétaires, tente de se défaire de ses obligations européennes", a affirmé ce mercredi le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici, qui prenait la parole à un forum de l’OCDE.

La semaine dernière, le même commissaire avait plus sobrement estimé que le budget du gouvernement italien paraissait "hors des clous". Sa nouvelle sortie fait suite à un avertissement inquiet du président de la Commission européenne lui-même: "Je ne voudrais pas (...) que nous nous retrouvions dans une nouvelle crise grecque, cette fois-ci en Italie", avait dit Jean-Claude Juncker lundi.

Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur et homme fort du gouvernement italien, avait rétorqué qu’il ne parlait qu’avec "des personnes sobres qui ne font pas de comparaisons qui ne tiennent pas la route". Une attaque ad hominem qui soulignait une fois de plus sa volonté d’en découdre avec l’institution gardienne des traités et de l’intérêt général européens.

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