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"L'islamisme, c'est le nazisme du XXIe siècle"

©AFP

Interview | Lydia Guirous (les Républicains).

Une femme de trempe ou une femme qui dérange, c’est selon. Une chose est sûre, Lydia Guirous ne mâche pas ses mots, que ce soit à l’égard des barbus ou par rapport à une classe politique enfermée dans le déni et tétanisée par un complexe de culpabilité postcoloniale.

Avec son essai "#Je suis Marianne", cette enfant de l’immigration et féministe engagée appelle à un sursaut républicain face à la poussée de l’intégrisme musulman en Europe.

On imagine que votre discours ne fait pas plaisir à tout le monde…
Les insultes et les menaces sont mon lot quotidien. La semaine dernière encore, j’ai fait condamner par le tribunal de Créteil un jeune homme qui m’avait menacée de mort. Mais si certains s’acharnent à un tel point, c’est qu’on a visé juste. Beaucoup de gens d’ailleurs me remercient d’oser dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas.

"Les entreprises sont la nouvelle cible du communautaris-me."
Lydia Guirous

Certains vous accusent de faire le jeu du Front national.
Ce sont des imbéciles. C’est au contraire leur silence complice et leur déni de la réalité qui fait le jeu du FN et qui fait monter la frustration et la colère chez les électeurs. Il faudra retirer au FN tous ces sujets relatifs à l’immigration et à l’intégration. La laïcité n’a rien d’une valeur propre au FN.

Votre critique de la classe politique vise aussi bien la gauche que la droite.
Les deux ont des torts, mais la gauche bien plus encore, lorsqu’elle s’enfonce dans le relativisme culturel au nom d’une culpabilité postcoloniale et lorsqu’elle ferme les yeux sur le communautarisme par calcul électoral. Nous avons une gauche davantage soucieuse d’éviter les accusations d’islamophobie que de condamner le fanatisme islamique. C’est triste pour la France et c’est indécent pour toutes les victimes.

"La gauche est davantage soucieuse d’éviter les accusations d’islamophobie que de condamner le fanatisme islamique."

"Le voile n’est rien d’autre que le symbole de la soumission et de l’infériorité de la femme."

"La France ne peut pas accueillir tout le monde. Elle n’en a plus les moyens."

Ne pourrait-on néanmoins envisager des accommodements raisonnables sur le port du port du voile par exemple?
Les accommodements raisonnables ont mené à l’échec de l’intégration. Quant au voile, il n’est rien d’autre que le symbole de la soumission et de l’infériorité de la femme. Le communautarisme religieux est le terreau de la radicalisation. Or, par quoi passe le communautarisme religieux aujourd’hui? Par le prosélytisme. Et quels sont les outils de ce prosélytisme? Ce sont les signes ostentatoires religieux: voile, burqa, niqab, etc. Ces attributs sont devenus le symbole du refus d’un mode de vie, de toute forme d’intégration.

Comment combattre cette poussée de l’intégrisme religieux? Par où commencer?
Il faut commencer par faire respecter les règles. Par exemple sur les signes ostentatoires. La loi de 2004 sur le port des signes ostentatoires est valable pour les collèges. Il faudrait l’élargir aux universités, aux hôpitaux et aux entreprises. Il faut resanctuariser l’école en tant que lieu de savoir et d’émancipation. Ensuite, il faut restaurer l’autorité de la police et de la justice, autant d’institutions qui ne font plus peur aux caïds des quartiers. Enfin, nous devons revendiquer notre façon de vivre sans complexe. Il n’est pas normal que dans certains quartiers, le Belge ne puisse plus acheter sa tranche de jambon ni sa bouteille de vin au motif que c’est contraire à l’islam. Et une femme en jupe n’a rien d’une femme de petite vertu.

©GRASSET

Les entreprises sont-elles spécifiquement visées?
Absolument. Elles sont devenues la nouvelle cible du communautarisme. Ce sont surtout les PME qui sont les plus vulnérables à la désorganisation que provoquent certaines revendications religieuses: pauses pour faire la prière, congés pour cause de ramadan qui obligent à faire appel à de l’intérim plus coûteux, refus d’être dirigé par une femme et surtout la peur pour le dirigeant d’être poursuivi pour discrimination s’il refuse d’accéder à toutes ces demandes.

Il est urgent de renforcer la loi de 1905. L’entreprise est certes privée, mais elle est surtout un espace social où le vivre ensemble doit être préservé.

Comment expliquer que des femmes partent en Syrie rejoindre les rangs de l’Etat islamique?
Ces femmes sont aussi radicalisées que leurs hommes et elles sont tout autant en guerre contre l’Occident. Celles qui rentrent de Syrie doivent comme les hommes passer par la case prison.

Née en Algérie en 1984, elle arrive en France, à Roubaix, en 1989.

Master en gestion à l’Université de Paris-Dauphine et master en finance à l’ESCP Europe.

Elle fonde en 2011 "Future au féminin", un think tank réservé aux femmes.

Elle publie en 2014 son essai "Allah est grand, la République aussi".

Porte-parole éphémère du parti Les Républicains de juin 2015 à janvier 2016

Mariée à un homme de confession catholique.

Que pensez-vous de la politique restrictive de la France face à l’afflux de migrants?
Je pense au contraire que le gouvernement n’est pas assez ferme. L’intégration réussie suppose une immigration choisie et non subie comme trop souvent. La France ne peut pas accueillir tout le monde. Elle n’en a plus les moyens. Si on accueille, il faut accueillir dignement, c’est-à-dire intégrer et assimiler.

La France n’a aujourd’hui plus grand-chose à offrir à ceux qui pensent encore que notre pays est un eldorado économique. Si elle demeure un eldorado social, elle est malheureusement devenue un pays économiquement fragile.

D’ailleurs, nos propres jeunes sont contraints à l’exil pour trouver du travail. Le problème des migrants a été géré par Merkel qui s’est mise dans une position qui arrange les patrons allemands en quête de main-d’œuvre à bas prix.

Comment voyez-vous le proche avenir?
Je m’oblige à être optimiste mais au fond, je suis pessimiste. Nous avons encore deux ou trois ans devant nous pour redresser la barre. Après ce sera terminé, on sera au bord de la guerre civile, avec en face un islamisme politique et organisé qui ne lâchera rien. On a fait preuve d’un aveuglement et d’un romantisme effrayant. L’islamisme, c’est le nazisme du XXIe siècle.

"#Je suis Marianne", Lydia Guirous, éd. Grasset, 200 p., 17 euros.

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